pen icon Colloque
quote

Présentifier Jim, ou comment garder une impulsion et un héritage présents

JB

Membre a labase

Joelle Basque : Université TÉLUQ

Résumé de la communication

Un fondateur décédé peut-il continuer d’inspirer, voire d’influencer les gens qui lui succèdent? Peut-il continuer de communiquer avec les membres de l’organisation qu’il a fondée en parlant à travers elles et eux? Si les notions de présentification (Benoit-Barné & Cooren, 2009) et de ventriloquie (Cooren, 2010) nous permettent de penser que cela est possible, les nuances et la variété de forme qui caractérisent ces phénomènes demeurent à être explorées en détail. Dans cette communication, nous présenterons brièvement les résultats d’une étude que nous avons réalisée en analysant la présence et le rôle du (ou des) fondateur(s) décédé(s) dans le discours organisationnel à des moments-charnières pour trois organisations. Puis, nous proposons d’utiliser les résultats de cette étude pour penser comment James R. Taylor continuera d’être présent parmi nous suite à son décès. Nous proposerons quelques pistes de réflexions à partir d’exemples concrets puis inviterons l’audience à réfléchir avec nous sur comment nous utilisons le leg de Jim (ses écrits, nos expériences avec lui, etc.) et comment nous continuons de le garder vivant et de le faire parler pour nous guider et nous inspirer. Nous conclurons en élargissant la réflexion aux manières dont des penseurs et penseuses-clés continuent d’influencer les communautés de recherche après leur disparition.

Résumé du colloque

James R. Taylor, le fondateur de l’École de Montréal en communication organisationnelle, une école de pensée mondialement reconnue en sciences de la communication et en études organisationnelles, est décédé le 21 avril dernier à l’âge vénérable de 93 ans. Depuis la publication, en 1988, de son ouvrage intitulé Une organisation n’est qu’un tissu de communications, James Taylor n’avait cessé de mettre de l’avant la nécessité de penser les phénomènes organisés à partir d’une perspective résolument communicationnelle, c’est-à-dire d’une perspective centrée sur la manière dont les êtres humains coopèrent pour faire être et fonctionner des ensembles organisés. Alors que la communication était, jusque dans les années 1980, essentiellement pensée comme une diffusion d’informations (comment mieux communiquer les décisions et positions de l’entreprise à l’ensemble du personnel, au grand public, aux actionnaires, etc.), Taylor a proposé ni plus ni moins un changement de paradigme en montrant que la communication était, en fait, constitutive de tout phénomène organisé. Ce programme de recherche, qui fut rétrospectivement baptisé approche CCO (pour constitution communicationnelle de l’organisation), a depuis inspiré des personnes représentant les cinq continents. Toutes et tous tentent ainsi de montrer que la communication n’est pas simplement quelque chose qui se passe dans les organisations, mais que l’organisation elle-même est à trouver, en quelque sorte, dans la communication. Ce colloque propose ainsi de réunir les représentantes et représentants francophones de ce mouvement de pensée afin non seulement de rendre hommage à ce chercheur hors normes qu’était James R. Taylor, mais aussi d’explorer les développements futurs de cette perspective. En particulier, nous inviterons l’ensemble des participants à réhabiliter les phénomènes de diffusion, de propagation et de transmission qui ont peut-être été trop négligés par le mouvement CCO, pour des raisons finalement assez idéologiques. Au-delà des enjeux théoriques et analytiques qui seront explorés au cours de ce colloque, ce dernier a également l’ambition de creuser plus avant les conséquences pratiques du tournant paradigmatique opéré par James R. Taylor. Comme on le sait, quand le milieu des praticiens pense la communication, c’est généralement en termes de transmission d’informations, ce qui est, somme toute, normal et attendu. On ne compte plus, en effet, les « problèmes de communication » qui hantent toute organisation, que l’on parle d’entreprises, d’ONG ou d’administrations gouvernementales. En rejetant le paradigme de la transmission, qui prévalait dans les sciences organisationnelles jusque dans les années 1980, le mouvement CCO a certes pu innover en montrant tout ce qu’une perspective communicationnelle pouvait apporter à notre compréhension des phénomènes organisés, mais il a peut-être négligé la nécessité d’un dialogue avec le monde de la pratique, toujours très axé sur le paradigme diffusionnel.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :