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Rapports aux savoirs des enseignants et animateurs de classes de découverte en France : quelles références épistémologiques invoquées?

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Cécile Redondo : Université Jean Monnet UFR SHS Département des SCE

Résumé de la communication

Notre communication vise à faire l’état des lieux d’une recherche conduite en France autour des dispositifs de classes de découverte (CDD) organisés dans le contexte de l’éducation formelle et non formelle.

En tant que chercheures en sciences de l’éducation et de la formation, nous mobilisons un cadre théorique en didactique, afin d’identifier les savoirs et principes sous-jacents à l’origine des pratiques de CDD. Ainsi, nous réalisons une analyse aussi bien statistique que qualitative d’un corpus de 261 récits descriptifs de ces dispositifs (tels que l’on peut en recueillir sur Internet, dans des journaux, voire dans des guides) pour en dégager les épistémologies qui les sous-tendent. Autrement dit, nous nous intéressons aux rapports aux savoirs des organisateurs de CDD, en postulant que c’est cette perspective qui oriente les enseignements menés dans ce cadre-là.

Notre analyse met tout d’abord en évidence la prédominance d’une absence de référence à une quelconque épistémologie, ce qui peut être regardé comme le témoin d’une fragilité des fondements à l’origine des pratiques. Nous identifions également plusieurs tendances majeures dans les références à des principes auxquels certains organisateurs font appel, tels que le principe de coopération, des logiques de développement de l’enfant, ou encore de contact avec la nature... Nos résultats requestionnent ainsi, au moins en partie, la formation enseignante voire les cadrages des politiques scolaires de l’Éducation nationale.

Résumé du colloque

On assiste depuis la pandémie à une résurgence de démarches pour faire une « école/classe dehors » aux appellations variables, qui mobilise une pédagogie répondant à un processus d’éducation par la nature. Le bien-être mental et physique que procure le fait d’être dans la nature, en plus de favoriser les apprentissages (Ayotte-Beaudet et al., 2022; Green et Rayner, 2022; Kuo et al., 2019; Mygind et al., 2019), en démontre la pertinence.

En filigrane des questionnements didactiques posés récemment, notamment dans le cadre du Colloque international Les pratiques d’éducation par « la nature » : quels enjeux pour la formation des professionnel·le·s?, qui s’est tenu en France en juillet 2022, se profilent d’impératives questions d’ordre épistémologique portant sur les paradigmes qui induisent de telles pratiques. Ainsi, il s’agit de s’interroger sur les épistémologies qui sous-tendent les éducations dans et par la nature ou, dit autrement, par le territoire. Plus largement, au-delà de toute structure en milieu formel ou non, quel rapport au(x) savoir(s) sous-tend les apprentissages dans et par la nature ou le territoire?

Certains font appel au principe de l’écoformation intégrant le paradigme transdisciplinaire de la complexité (Girault et Galvani, 2021), d’autres se reportent aux épistémologies autochtones (Battiste, 2002; Four Arrows et al. 2010; Hart, 2010; Wilson, 2013). On pourrait également citer l’écosophie de l’écologie profonde d’Arne Naess (2008) introduisant le principe de l’altérité élargi au monde vivant. Le principe de l’énaction proposé par Varela (Aden et Preller, 2020; Varela et al., 2017) ou encore l’écopédagogie de Gutiérrez Bastida et Gadotti (Gutiérrez Bastida, 2022), considérant l’être humain comme « la nature prenant conscience d’elle-même » (Pereira, 2019, partie I.3), sont d’autres axes possibles.

De telles conceptualisations du rapport au(x) savoir(s) qui se construit dans le rapport au monde (Charlot, 2021) permettront alors de clarifier le cadrage d’approches éducatives innovantes dans et par la nature, renforçant notre identité écologique (Vogels, 2007).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Virginie Boelen
section icon Date : 11 mai 2023

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