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Marie Thériault : Université de Montréal
Aucun état des lieux ni synthèse de connaissances n’ont encore été destinés à réunir, analyser et critiquer la littérature traitant des besoins des élèves et des personnes étudiantes autistes. Il existe des synthèses portant sur les approches médicales, psychologiques, comportementales ou psychoéducatives, mais la contribution des sciences de l’éducation reste à construire. Dans ce champ, il convient de considérer trois types de documents s’appliquant à la recherche: 1) la littérature scientifique; 2) la littérature produite par les entités législatives, gouvernementales et étatiques que composent les lois, les politiques, les plans d’actions et les avis produits aux ministères; et 3) la littérature produite par les organismes de transfert de connaissances; le monde scolaire et postsecondaire; et les organismes communautaires ou les associations agissant, dans la société civile, pour la défense des personnes autistes. Nous avons élaboré une méthode contribuant à combler un tel angle mort et nous l'avons testée. Elle a consisté en la conduite d’une recherche documentaire sur l’autisme et l’éducation dont nous présentons ici la bibliographie préliminaire. Une ethnographie d’enquête auprès de personnes expertes ainsi que la production micro-territoriale de données scolaires entourant l’autisme en seraient le complément. L'objectif est d’orienter la recherche, les pratiques, les politiques, la société et une action commune sur la question de l'autisme et de l'éducation.
Considérant le taux croissant de personnes en situation de handicap, plusieurs lois souhaitent réduire les écarts entre ces individus et ceux dits neurotypiques, notamment dans les milieux scolaires (ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur [MEES], 2020). Dans le cas des personnes autistes, la recherche souligne l’importance de leur participation sociale, alors que celle-ci confère des bienfaits sur leur qualité de vie, leur revenu, leur réseau social et leur bien-être global à court et à long terme (Couture et al., 2020). Or, plusieurs obstacles subsistent pour favoriser leur participation sociale dans le cadre de leur parcours scolaire et d’apprentissage. Que les personnes autistes soient enfants, adolescentes ou adultes, elles éprouvent généralement des difficultés en lien avec les changements et les transitions scolaires, influençant leur rendement scolaire, leur intégration sociale, leur santé mentale et leur bien-être en général (Anderson et al., 2017; Shattuck et al., 2012). Le rôle du personnel dans les milieux scolaires et communautaires devient alors crucial pour tenter de les appuyer, notamment sur le plan scolaire. Les services adaptés offerts incluent : temps supplémentaire durant les examens, soutien pour la prise de notes, passation des évaluations dans un local sans distraction, utilisation de technologies adaptées (Cai et Richdale, 2016). Toutefois, la communauté étudiante autiste revendique également des ressources pour soutenir ses besoins sensoriels et sociaux : réduction du bruit, tenue d’ateliers sur les étiquettes sociales et sensibilisation à la neurodivergence sur les campus postsecondaires (Alverson et al., 2019; Elias et White, 2018). Pour plusieurs équipes de recherche, dont Sosnowy et al. (2018), ces revendications peuvent être entendues avec une communication plus fluide entre la recherche, la pratique et la communauté étudiante autiste, permettant la coconstruction de savoirs scientifiques appuyés sur son expérience.
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