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Julie Lise Simard : Université de Montréal
Les principes de PCAP (Possession, Contrôle, Accès, Propriété), formulés par le Centre de gouvernance de l’information des Premières Nations, ont été appliqués dans plusieurs organisations canadiennes amenées à utiliser des documents autochtones. Dans l’ensemble, les professionnel·le·s de l’information disposent de peu de connaissances quant au rôle concret que ces principes jouent dans l’élaboration d’une stratégie de gouvernance de l’information. Les enjeux que soulève leur opérationnalisation sont aussi méconnus, ce qui complique leur mise en place dans les organisations émergentes comme celles déjà établies.
Cette conférence propose de passer en revue les caractéristiques de la gouvernance de l’information en développement pour Nipakanatik, le projet de bibliothèque numérique de l’organisme anicinabe Minwashin. Nous aborderons les initiatives déployées pour arrimer les pratiques de gestion de la bibliothèque aux principes de PCAP, puis les politiques et les règlements élaborés pour compléter ces principes et répondre adéquatement aux aspirations des communautés anicinabek et aux enjeux éthiques qui leur sont propres.
Les conclusions de l’implantation d’une stratégie de gouvernance de l’information à Nipakanatik soulèvent des constats sur le rôle que les archivistes sont appelé·e·s à jouer en contexte autochtone, et sur l’utilité, pour une organisation collaborant avec les peuples autochtones, de se doter d’un cadre de responsabilité.
La pandémie a occasionné la modification des pratiques de travail et des pratiques de gestion de l’information. Plusieurs organisations ont accéléré leur transformation numérique, entraînant de multiples défis tels les risques liés à la sécurité et l’intégrité des contenus informationnels; la diversité des dispositifs de création, d’organisation et de stockage de ces contenus qui complexifie leur gestion et la reddition de comptes; le partage de la responsabilité de la gestion des contenus entre divers acteurs et parties prenantes; et l’absence de dispositifs visant à mesurer la maturité et les retombées réelles des pratiques informationnelles.
Plusieurs organisations ont mis en place des initiatives de gouvernance de l’information, laquelle constitue l’un des vecteurs de la transformation numérique des organisations. La gouvernance de l’information est un cadre de responsabilité stratégique et interdisciplinaire qui précise les principes et règles de base, la structure de direction et les modalités nécessaires pour que l’information soit utilisée de manière efficace et efficiente dans l’organisation. Elle définit les rôles des acteurs concernés, les processus et les paramètres de planification, d’implantation et d’évaluation entourant la responsabilité en matière de gestion des contenus informationnels. Elle représente aussi un levier pour positionner les professionnels de l’information comme acteurs essentiels dans l’organisation.
L’implantation de la gouvernance de l’information n’est pas encore systématique dans les organisations qui naviguent souvent sans référentiels validés sur la manière d’intégrer ce cadre de responsabilité. Il importe de faire le point sur la valeur ajoutée de la gouvernance de l’information, notamment en matière de stratégie, d’influence et de mesure de la performance, et de réfléchir aux principes et aux pratiques de gouvernance de l’information dont les contours restent encore à définir, tant d’un point de vue conceptuel que professionnel.
Ce colloque réunit plusieurs acteurs universitaires et professionnels de la gouvernance de l’information. Il donne la parole à des chercheurs, mais aussi à des professionnels et à des gestionnaires des domaines informationnel, juridique et technologique. Une telle approche interdisciplinaire et multifacettes favorise une réflexion utile pour les organisations, dans une perspective de durabilité des pratiques dans un contexte social et économique évolutif.
Titre du colloque :