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S’appuyer sur les connaissances et savoir-faire locaux pour penser la gestion de la pêche en Haïti

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Samson Jean Marie : Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

Résumé de la communication

L’activité de la pêche occupe une place très importante dans l’économie nationale. Elle compte pour 13.6% du PIB et contribue fortement au revenu de ses pratiquants, soit environ 52.000 pêcheurs et 60.000 autres bénéficiaires. De surcroît, elle joue des rôles multiples : alimentaire, social, environnemental (Saffache, 2006). Cependant, la ressource a toujours été exploitée de façon opportuniste. Malgré leurs grandes capacités d’adaptation, les pêcheurs s’inquiètent de la diminution de leurs prises et ne parviennent plus toujours à nourrir leurs familles.

Dans ce contexte, le pays s’est engagé dans une réflexion sur sa politique des pêches qui tient compte tant des savoirs que des pratiques des communautés de pêcheurs encore peu valorisés. Une recherche ethnographique a été menée auprès de 260 personnes impliquées dans la filière (63 femmes et 197 hommes) dans la région sud du pays, pour décrire les pratiques privilégiées des pêcheurs, rendre compte des valeurs, savoirs et savoir-faire locaux afin de favoriser leurs activités et organiser la gestion des territoires.

Le travail de terrain a permis de constater leur adaptabilité et leur inventivité dans les pratiques, notamment dans le choix des matériaux pour fabriquer les engins, mais aussi dans la constitution de modes de gestion pour accéder aux territoires marins et à l’ensemble de la filière. Les nombreux savoirs des pêcheurs gagneraient à être le support des politiques des pêches.

Résumé du colloque

Ce colloque s’inscrit dans une perspective critique, décoloniale et pluriverselle, et vise à réfléchir aux savoirs, pratiques et expertises des communautés engagées dans les programmes de développement international. Il s’agit également de mettre de l’avant des perspectives plurielles (sociologique, anthropologique, politique, culturelle, géographique, économique, philosophique) pour permettre une meilleure compréhension des enjeux et des défis liés à la prise en compte des savoirs traditionnels dans les projets de développement international.

Pour répondre aux enjeux environnementaux et climatiques actuels, les organismes nationaux, internationaux et non gouvernementaux (ONG) tentent de mettre en place (ou de renforcer) des modes de gestion et de gouvernance environnementale « plus durables », en lien avec les agendas internationaux. Toutefois, les communautés engagées dans ces programmes disposent déjà de savoirs en lien avec leurs territoires, avec les ressources qui s’y trouvent, ainsi qu’avec les façons d’entrer en relation avec ceux-ci. Aussi ce constat ne peut-il manquer d’aboutir à une réflexion critique sur les relations entre, d’une part, les programmes des bailleurs de fonds et de leurs organismes partenaires et, d’autre part, les connaissances et les expertises des communautés sur leurs propres réalités territoriales.

Sur le plan politique, de nombreuses conventions reconnaissent que les communautés autochtones et locales dépendent très étroitement de leur environnement naturel et des ressources matérielles et immatérielles qui en sont issues. Elles reconnaissent aussi que plusieurs territoires sont protégés, conservés et gérés durablement grâce aux savoir-faire que les communautés locales ont su développer. En 1993, la Convention sur la diversité biologique (CDB) a considéré les savoirs traditionnels comme un patrimoine commun de l’humanité et a proposé, avec le protocole de Nagoya qui s’en est suivi, un partage équitable des avantages découlant de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique. Dans cette optique, les savoirs traditionnels feraient référence aux « connaissances, pratiques et philosophies développées par des sociétés ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel » (UNESCO, Savoirs locaux, objectifs globaux, 2017, p. 1).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Aminata Diop
section icon Date : 11 mai 2023

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