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Carling Sioui : Figurr Collectif d’Architectes
Le colonialisme est un processus continu qui existe encore aujourd’hui et qui perpétue dans son impact sur tous, surtout les populations autochtones et les environnements qui ont été bouleversées par l’installation des nouveaux arrivants. L’aménagement d’une perspective occidentale a totalement transformé l’île de la Tortue (continent Nord-Américain), et l’île de Tioh’tià :ke-Montréal en est un exemple. Tioh’tià :ke a été pendant des millénaires un paysage culturel développé et gardé par des Premières Nations, dont les Anishinaabe, les Wendats et les Kanien’kéhà :ka, ces derniers étant reconnus encore aujourd’hui comme les gardiens de ce territoire. Les actions du gouvernement Canadien, ont permis aux territoires occupés par les non-autochtones de développer des grands centres construits et totalement différents des environnement qui existaient avant leur arrivée, avec une exclusion totale des voix autochtones dans ces décisions de transformations majeures. Ceci a résulté en une série de paysages urbains dominés par un discours colonial, importé, et parfois oppressif envers les peuples autochtones. Ces structures existent encore aujourd’hui et exercent une grande influence sur la perception de tous, sur eux-mêmes et sur autrui. Ceci reste un phénomène d’actualité, car au moins 50% des individus autochtones du Canada vivent maintenant en milieu urbain, dans des lieux souvent non-cédés qui ne reflètent pas leurs identités et valeurs.
Les parcs urbains, figures socio paysagère en constante évolution, se voient élevés au rang d’infrastructures vertes essentielles de nos villes. Un important changement de paradigme s’opère dans la planification et la gestion des parcs urbains alors que leurs rôles ne se limitent plus à la récréation et la « bienséance » de l’espace vert, mais s’élargit à la conservation, l’inclusion, la réconciliation, l’expérimentation, l’adaptation et la lutte aux crises environnementales. Investir dans des espaces verts urbains plus durables et y créer des aménagements dans ce sens, c’est investir dans la lutte et dans l’adaptation face aux crises climatiques.
La session s’intéressera aux nouvelles pratiques et préoccupations, ainsi qu’au changement de paradigme auxquelles sont confrontés les parcs urbains pour affronter les crises environnementales conjointes, soit celle de biodiversité et des changements climatiques. De nouvelles tendances, préoccupations et priorités émergent : 1) la création de mosaïques d’habitats et de corridors écologiques dans les projets d’aménagement pour soutenir la biodiversité; 2) le calcul des services écosystémiques et des bénéfices économiques et de santé liés à la nature; 3) la diversité des milieux et des usages; 4) l’adoption de la gestion différenciée; 5) l’augmentation de la forêt à trois strates; 6) le retour et la conservation des espèces végétales indigènes; 7) le contrôle des espèces envahissantes; 8) l’interdisciplinarité pour la création de ces paysages complexes par exemple; et 9) la déminéralisation des surfaces minérales. Cette session s’intéressera donc à ces changements qui s’opèrent et à ces pratiques qui prennent de l’importance dans l’aménagement des parcs urbains. Le cadre mondial sur la biodiversité adopté à la COP15 à Montréal de même que l’approche Nature-Based Solutions seront au cœur des discussions qui prendront appui sur l’exemple du parc Jean-Drapeau, un territoire inscrit dans ce mouvement de redéfinition des espaces et des rôles des parcs urbains. La session présentera des pratiques et des recherches inspirantes pour nous guider dans ce changement de paradigme et de vision des parcs.
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