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Sur les rapports entre les groupes d’entendeurs et d’entendeuses de voix et la psychiatrie. Entre contournements, tensions et rapprochements

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Olivier Tremblay-Paradis : Université Laval

Résumé de la communication

Les groupes d’entendeurs et d’entendeuses de voix (GEV) dérogent de la conception psychiatrique des hallucinations, où elles sont le symptôme d’une psychopathologie qu’il faudrait ignorer ou taire par la médication. Les GEV proposent une approche radicalement différente pour « aller mieux », tant au plan théorique (causes socio-émotionnelles identifiables via l’histoire de vie, la relation avec les « voix » et leur forme; absence de théorie générale de l’entente de voix) qu’au plan pratique (dialoguer avec les voix et les considérer comme une forme de conscience de soi; travail en groupe; respect du sens que chacun∙e fait de sa situation). Ce faisant, les participant∙es arrivent à réduire l’invasivité des voix. Bref, les GEV proposent des voies de contournement des limites et des apories de la psychiatrie et ne travaillent pas à la même échelle que celle-ci.

Malgré les divergences entre la psychiatrie et les GEV, les participant·es de ces derniers continuent à côtoyer la psychiatrie pour diverses raisons. Ce faisant, tantôt iels sont confronté∙es à la disqualification des savoirs et des pratiques acquis dans les GEV, tantôt iels observent leur acceptation. En m’appuyant sur une quinzaine d’entretiens semi-dirigés réalisés auprès d’entendeur∙euses de voix de quatre régions du Québec, je présenterai un portrait qualitatif des rapports entre les participant∙es des GEV et la psychiatrie. Puis, je développerai quelques hypothèses explicatives des tensions et des rapprochements.

Résumé du colloque

Depuis les dernières décennies, des travaux mettent de l’avant une perspective critique des études du handicap. Ce champ interdisciplinaire donne également lieu à des critiques « de l’intérieur ». Des autrices et des auteurs, travaillant dans de nouveaux courants connexes, sont par ailleurs soucieux de développer leurs travaux « en dehors » des Critical Disability Studies. Des approches culturelles ou celle de l’affirmation identitaire comme acte politique émergent (ex. : études critiques de l’autisme, études [critiques] de la surdité, études de la folie). Avec l’essor de la société civile, les études critiques du handicap, de l’autisme, de la surdité et de la folie offrent des angles d’approche inédits non seulement pour appréhender la citoyenneté, la reconnaissance et les inégalités sociales, mais aussi pour questionner l’ancrage capacitiste des normes et des attentes sociales.

Parallèlement, au cours des dernières années, les savoirs expérientiels se sont imposés comme une nouvelle donne contemporaine, qu’il s’agisse d’intégration au développement de programmes de formation en intervention ou d’offre de services dans le réseau de la santé et des services sociaux. La reconnaissance de l’importance d’inclure les personnes dans les initiatives qui les concernent est croissante, et diverses structures se mettent en place pour le permettre (ex. : approche « patient-partenaire » qui tend s’étendre aux interventions dans les champs de la réadaptation; enseignement en partenariat avec des « patient·e·s » dans des programmes de formation en santé et services sociaux; « clientèle » des programmes de services; essor de l’intérêt pour les recherches participatives).

Mais qu’en est-il vraiment ? Ces nouvelles pratiques contribuent-elles réellement à l’amélioration des conditions de vie des personnes comme le préconise la recherche participative à caractère émancipatoire ? Comment freiner l’instrumentalisation des personnes par ces milieux et l’appropriation de leurs savoirs expérientiels et militants ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 11 mai 2023

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