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Marina De Seta : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Ma recherche doctorale porte sur la possibilité de générer de l’empathie à travers la création littéraire et sur la portée éthique de cette avenue, en vue d’un idéal de justice sociale. Dans son essai intitulé « Nos Cabanes », Marielle Macé débute ses réflexions autour d’une formule qu’elle reprend d’un livre d’Emmanuelle Pagano: Nouons-nous. Elle nous incite à se lier aux autres, non pas dans le sens de s’associer à ceux et celles qui nous ressemblent, mais plutôt dans le sens de réfléchir à partir d’un Nous. Avec le mot « cabane » elle veut indiquer des lieux nouveaux, non nécessairement matériels, où l’on invente des façons autres d’entrer en relation, avec le vivant et avec autrui. L’écriture peut être un de ces lieux. À travers une recherche qui adopte une méthode phénoménologique pour regarder aux pratiques d’écriture, j’explore la possibilité de nourrir un imaginaire où le vivant et l’humain sont part de la même communauté. Dans ma présentation, je vais connecter, par un fil encore en train d’être cardé, les résultats de ma première année de recherche, en nourrissant les réflexions grâce à l’apport d’expériences variées. Je parlerai notamment de la Mission Sauvé, une mission intersectorielle sur le Saint-Laurent où la littérature et la science se sont accompagnées afin de faire parler l’état automnal du fleuve Saint-Laurent dans l’estuaire moyen.
Les vingt dernières années ont été le théâtre de nombreuses réflexions sur les modalités de cette « nouvelle » méthodologie, de cette « discipline » fuyante et insaisissable qu’est la recherche-création, et aucun consensus ne se dégage de ces décennies d’intelligence collective sinon que la recherche-création échappe à toute tentative de cristallisation définitive. Il semble alors de moins en moins utile de tenter de la définir et de la concrétiser avec une typologie unanime. Les organismes subventionnaires et les universités en signalent la dualité dans leurs définitions officielles – la recherche-création engendre à la fois production de connaissances (recherche) et innovation artistique (création) –, mais n’imposent ni forme ni extrant.
En parallèle, un corpus important de travaux et d’œuvres artistiques, dans le contexte post-humain et de la crise écologique, cherche à décentrer l’être humain pour considérer le non-humain depuis une posture d’altérité redéfinie. La recherche-création contribue, ne serait-ce qu’en bouleversant les paradigmes statiques de production et de mobilisation du savoir, au développement de ces postures que les études post-décoloniales et situées ont rendu possibles. Pensons à Peter Sloterdijk et à sa distinction entre l’allotechnique et l’homéotechnique (voir Domestication de l’Être, 2000), par exemple, ou encore à Marielle Macé, qui appelle à envisager une « biophilie » au lieu d’une « biologie » (voir Nos cabanes, 2019).
Ce colloque ne cherche pas à enfoncer des portes ouvertes; les interventions qu’il suscite s’attardent à penser les divers chemins de la recherche-création d’une manière attentive aux enjeux sociaux, culturels et politiques qui découlent d’une telle démarche.
Titre du colloque :