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Marc-Antoine Paul : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les dernières études sur les sacres du français québécois (FQ) ont proposé d’observer ces termes sous deux composantes lexicales. Plus précisément, un sacre est composé d’une dimension vulgaire et son utilisation ne sert plus à référer à son sens étymologique (Dostie 2015a, Dostie 2015b). Cette perspective offre un regard synchronique quant à l’étiquette lexicale du sacre, mais n'expose pas de mesure fréquentielle quant leur emploi et ne permet pas d’apprécier les facteurs sociolinguistiques qui sous-tendent leur usage. Dans cette communication, on se demandera si les caractéristiques sociales des locuteurs.rices du FQ à Montréal ont un effet sur la fréquence d’emploi des sacres, la perception du caractère vulgaire des sacres et l’emploi des sacres vis-à-vis leur sens d’origine. Pour ce faire, des jugements sur ces trois composantes ont été recueillis auprès de 209 locuteurs.rices du FQ vivant à Montréal. Les résultats montrent une absence d’effet du genre, de l’âge, ainsi que du fait d’avoir grandi à Montréal ou non. Plutôt le fait d’être aux études ou sur le marché du travail a un effet significatif, mais uniquement sur la perception du caractère vulgaire des sacres. Les étudiant.e.s surévaluent le niveau de vulgarité des termes présentés. Si ces résultats suggèrent qu’il y a peu de variation sociolinguistique, les données recueillies illustrent que le statut social a un effet sur ce qui est considéré comme offensant.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
Titre du colloque :