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Yawa Assiklou : Université Paris-Saclay
Dans le paysage des technologies et la mosaïque des offres proposées en Afrique francophone, les téléphones portables sont les plus utilisés. Ils sont au carrefour de différents secteurs de développement, à savoir la santé, l’agriculture et l’éducation etc. Au Togo, l’intégration des technologies en éducation suscite des intérêts grandissant à tous les niveaux d’enseignement. Pour autant, à ce jour, il n’existe pas d’étude rigoureuse sur l’utilisation des technologies mobiles dans l’enseignement secondaire et le rôle des acteurs privés comme les associations et les startups, ce qui justifie la pertinence de cette étude pionnière. Dans une approche comparative, l’objectif est d’analyser l’implémentation de deux programmes notamment les dispositifs « KEKELITHEQUE » de l’association KEKELI LAB et « ZOVU » de la startup ZOVU CORPORATION SARL, en se focalisant sur les points de réussite et d’échec et les facteurs explicatifs de ces résultats. Concrètement, il est question de savoir en quoi ces deux dispositifs ont-ils impacté le monde scolaire et contribué à améliorer l’enseignement ? Les résultats montrent que les projets d’expérimentation M-éducation dans l’enseignement secondaire sont exclusivement portés par les acteurs privés, suscitent des grands engouements, tout en permettant d’améliorer les conditions d'enseignement et l'apprentissage des élèves, cependant le contexte national, le manque de financement et l’outil en lui-même constituent les obstacles de leur intégration.
Dans le contexte actuel de transformation numérique de notre société, où les usages quotidiens des applications mobiles (tant par les individus que par les entreprises ou les États ou gouvernements) ont dépassé les prévisions les plus optimistes, il importe d’interroger les nouveaux enjeux et questionnements politiques, économiques, technologiques, éthiques, juridiques et culturels que soulève le recours massif à ces applications mobiles, tout en évaluant et en anticipant leurs incidences actuelles et à venir sur la société, notamment en ce qui concerne les occasions et les risques.
En effet, au-delà des incantations magiques liées à la société du « tout numérique », les applications et services mobiles offrent d’innombrables occasions pour les entreprises et des bénéfices concrets en ce qui touche l’amélioration des conditions de vie pour les citoyens et utilisateurs dans des domaines tels que la santé et le bien-être; l’agriculture; l’environnement; l’intelligence urbaine; les services financiers et bancaires; l’éducation; ou encore l’accès à la culture. Par ailleurs, l’usage de ces applications présente des risques élevés, voire des menaces, pouvant avoir des effets non négligeables en matière d’empreinte carbone et d’impact environnemental, de surveillance massive, de sécurité et de vol de données, d’intrusivité et de violation de la vie privée, de nouvelles inégalités ou fractures numériques, etc.
Au regard de tous ces enjeux, les conférences et communications qui seront présentées dans le cadre du colloque tenteront d’apporter des éléments de réponses aux questions suivantes : 1) En quoi, les applications mobiles servicielles reflètent-elles ou ont-elles une incidence (positivement ou négativement, et durablement) sur nos modes de vie ainsi que l’évolution de nos sociétés ? 2) Dans quelle mesure peuvent-elles constituer un appui à un changement comportemental dans nos rapports (individuel et collectif) à la technologie et dans notre manière de concevoir le progrès technologique et ses incidences potentielles sur notre société et sur le développement, dans une perspective durable ? 3) Enfin, qu’en est-il du rôle des pouvoirs publics face aux défis de régulation que posent ces dispositifs (sociotechniques) mobiles (qui ne sont pas neutres) et leurs développeurs ou fabricants par rapport à l’intérêt public, à l’épanouissement des personnes qui les utilisent et à un développement numérique généralisé de la société qui soit plus inclusif, durable et équitable pour tous ?
Toutes ces questions seront abordées de manière transversale au fil des six axes thématiques du colloque, qui sont les suivants : 1) Applications mobiles, société et consommation; 2) Applications mobiles, santé et bien-être; 3) Applications mobiles, cultures et découvrabilité des contenus locaux; 4) Applications mobiles, 5G et IA; 5) Applications mobiles au service du développement; et 6) Applications mobiles, vie privée, régulation et gouvernance publique.
Titre du colloque :