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Valoriser les savoirs traditionnels pour mieux innover

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Bénédicte Marie Louise Aly Séne : Université Cheikh-Anta-Diop

Résumé de la communication

Les savoirs traditionnels des communautés sont au cœur des actions de conservation. Ils permettent une nouvelle orientation des productions locales qui participent au bien-être, surtout nutritionnel, des communautés. La production locale d’aliments est issue de savoirs et de savoirs locaux modernisés sous l’influence soutenue de la mondialisation. Le secteur de la transformation artisanale du poisson au Sénégal en est un exemple, au regard des savoirs en matière de conservation développé par les femmes. En effet, le Sénégal est un des plus grands producteurs de poisson en Afrique de l’Ouest. Vers les années 1950, les surplus de poisson étaient séchés puis échangés contre des denrées alimentaires le long du littoral. Aujourd’hui cette activité est à l’origine d’une importante économie. Son développement s’accompagne par l’introduction de nouvelles technologies de transformation dont l’acceptation varie selon le niveau d’implication des femmes dans la conduite des projets d’innovation.

Cette étude réalisée dans les sites de transformation de Saint-Louis, Rufisque, Joal, Kayar et Bassoul adopte une méthodologie essentiellement quantitative basée sur une approche participative. Le questionnaire administré à 128 transformatrices a permis de collecter les informations sur les différentes innovations entreprises, l’engagement des femmes à innover et les échecs essuyés.

Résumé du colloque

Ce colloque s’inscrit dans une perspective critique, décoloniale et pluriverselle, et vise à réfléchir aux savoirs, pratiques et expertises des communautés engagées dans les programmes de développement international. Il s’agit également de mettre de l’avant des perspectives plurielles (sociologique, anthropologique, politique, culturelle, géographique, économique, philosophique) pour permettre une meilleure compréhension des enjeux et des défis liés à la prise en compte des savoirs traditionnels dans les projets de développement international.

Pour répondre aux enjeux environnementaux et climatiques actuels, les organismes nationaux, internationaux et non gouvernementaux (ONG) tentent de mettre en place (ou de renforcer) des modes de gestion et de gouvernance environnementale « plus durables », en lien avec les agendas internationaux. Toutefois, les communautés engagées dans ces programmes disposent déjà de savoirs en lien avec leurs territoires, avec les ressources qui s’y trouvent, ainsi qu’avec les façons d’entrer en relation avec ceux-ci. Aussi ce constat ne peut-il manquer d’aboutir à une réflexion critique sur les relations entre, d’une part, les programmes des bailleurs de fonds et de leurs organismes partenaires et, d’autre part, les connaissances et les expertises des communautés sur leurs propres réalités territoriales.

Sur le plan politique, de nombreuses conventions reconnaissent que les communautés autochtones et locales dépendent très étroitement de leur environnement naturel et des ressources matérielles et immatérielles qui en sont issues. Elles reconnaissent aussi que plusieurs territoires sont protégés, conservés et gérés durablement grâce aux savoir-faire que les communautés locales ont su développer. En 1993, la Convention sur la diversité biologique (CDB) a considéré les savoirs traditionnels comme un patrimoine commun de l’humanité et a proposé, avec le protocole de Nagoya qui s’en est suivi, un partage équitable des avantages découlant de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique. Dans cette optique, les savoirs traditionnels feraient référence aux « connaissances, pratiques et philosophies développées par des sociétés ayant une longue histoire d’interaction avec leur environnement naturel » (UNESCO, Savoirs locaux, objectifs globaux, 2017, p. 1).

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Aminata Diop
section icon Date : 11 mai 2023

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