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Karine Bissonnette : Université de Montréal
Dans le cadre de cette communication, nous documentons les différentes étapes du processus de bonification de l’ÉQ. Dans un premier temps, nous présentons le travail d’analyse et de catégorisation des indicateurs actuels qui a été mené pour identifier leur nature et circonscrire les opérations de bonification (suppression, maintien, etc.). Dans un second temps, nous nous penchons sur le déroulement et les résultats de l’étape de validation. Celle-ci a porté sur le contenu et la forme, et a impliqué aussi bien des spécialistes du GI que des membres du personnel enseignant et des responsables pédagogiques, ces derniers ayant été sondés lors d’une série de consultations. L’étape de validation a permis d’introduire des modifications quant à certains contenus (notamment les exemples illustrant les indicateurs) et, surtout, de nourrir des réflexions relatives au rôle et à la nature des indicateurs d’une échelle de niveaux de compétence, un rôle qui va au-delà de visées évaluatives. Les travaux présentés dans le cadre de cette communication sont le résultat d’une collaboration du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration avec l’Université de Montréal.
L’intégration langagière (francisation) des personnes immigrantes adultes pose de nombreux défis, tant pour l’apprentissages que l’évaluation des compétences. Certains relèvent des caractéristiques des apprenants (littératie et numératie en émergence (Fortier et al., 2021)), d’autres sont propres aux objets de savoirs au cœur de l’enseignement-apprentissage-évaluation (pratiques enseignantes, approches, variétés sociolinguistiques (Gass et Mackey, 2013; Long, 2015)), tandis que d’autres sont en lien avec le matériel pédagogique et les documents officiels encadrant l’offre de services (orientation des apprenants, matériel et pratiques évaluatives (Deygers et al., 2021)). Cette question est particulièrement pertinente au Québec, état provincial où la majorité francophone est elle-même minoritaire en Amérique du Nord et où l’intégration langagière des personnes immigrantes est un enjeu politique et sociolinguistique important. De plus, le Québec est l’un des rares états à s’être doté de documents officiels encadrant les pratiques liées à la sélection, l’accueil et l’intégration langagière des personnes immigrantes. Rappelons que seuls le Canada, le Québec et le Conseil de l’Europe ont créé des documents officiels pour ce faire.
L’importance de ces documents officiels et des interrelations entre ceux-ci et l’ensemble des pratiques en intégration langagière est au cœur de ce colloque, chacun des défis susmentionnés étant en lien direct avec ces documents officiels. Que ce soit le placement des personnes s’inscrivant aux cours de français, le curriculum officiel ou l’obtention de la citoyenneté canadienne, qui demande un niveau 4 à l’oral, le parcours d’intégration langagière des personnes immigrantes est en partie déterminé par le contenu de ces documents officiels. Ce colloque vise donc à documenter les relations entre les documents officiels et les divers aspects de l’enseignement-apprentissage-évaluation du français langue d’intégration.
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