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À l’ère du game as a service : le moissonnage de données textuelles comme outil méthodologique pour analyser les dynamiques de co-construction du jeu Overwatch

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Antoine Jobin : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Depuis une quinzaine d’années, l’interconnectivité des consoles, les plateformes de ventes dématérialisées de jeux et l’importance croissante accordée à la captation des données numériques générées par les joueur.se.s ont mené l’industrie vidéoludique à transitionner du modèle économique du « jeu comme produit » vers celui du « jeu comme service ». Dans ce contexte, les joueur.se.s se voient attribuer un important pouvoir de co-construction : leurs pratiques et discours ont de plus en plus d’influence sur le développement d’un jeu alors que les entreprises cherchent à capitaliser sur les intérêts du public.
Cette présentation s’intéressera aux dynamiques de co-construction particulières du jeu Overwatch. Nous nous pencherons plus spécifiquement sur les rapports de force entre joueur.se.s et développeur.se.s qui ont guidé l’évolution du jeu de 2016 à 2020. Avec le logiciel WordStat, nous analyserons un corpus de données textuelles récolté avec un outil de moissonnage automatique pour comprendre : 1) l’évolution diachronique des discours des joueur.se.s et développeur.se.s afin d’identifier les tendances discursives dominantes propres à chaque phase de développement du jeu; 2) qui des joueur.se.s ou développeur.se.s instiguent ces tendances ainsi que leurs effets sur les pratiques émergentes dans la communauté et sur les décisions concernant les modifications apportées au jeu. En conclusion, nous discuterons de la pertinence et des limites de cette approche méthodologique.

Résumé du colloque

Depuis les années 1990, les études de fans ont participé à déconstruire les préjugés tenaces à l’endroit des fans, souvent perçus comme peu réflexifs et obsédés par leur objet culturel favori. Ces recherches ont démontré la réception active et même performative des fans, en documentant leurs pratiques culturelles, allant de la création de contenu (fan fiction, fanart) à la médiation culturelle (fan subbing). Les communautés de fans, nommées fandoms, offrent des espaces de négociation aux idéologies représentées dans les productions culturelles. D’ailleurs, plusieurs recherches démontrent que les pratiques de réception des fans leur permettent de critiquer les productions médiatiques (Jenkins, 1992).

Bien que les études de fans se soient constituées en champ de recherche fécond (Bacon-Smith, 1992; Jenkins, 1992), elles restent sujettes à certaines critiques qui entravent leur quête de légitimité (Evans et Stasi, 2014). La position des chercheur·se·s en études de fans est sujette à contestation (Hannell, 2020) et le champ entretient des rapports ambivalents quant à la méthodologie. La définition de la notion même de fans est critiquée (Sandvoss et al., 2017), alors que des recherches plus diversifiées permettraient de prendre en compte d’autres expériences (anti-fans, non-fans, etc.) et profils de fans (queers, personnes racisées, etc.). Néanmoins, les travaux sur les fans forment une contribution manifeste et même innovante à l’aspect entremêlé des pratiques de réception en ligne et hors ligne (Evans et Stasi, 2014), à l’appropriation et au détournement de la culture populaire (Bourdaa, 2021), ainsi que aux contextes de créations et productions de contenus numériques (Hills, 2015).

Depuis 30 ans, les Fan Studies forment un champ de recherche dynamique, surtout dans les milieux anglophones. Du côté de la recherche francophone, les études de fans, après avoir accusé un certain retard, semblent entrer dans une phase importante de structuration. Par exemple, l’Association française des sciences de l’information et de la communication (SFSIC) a récemment labellisé Groupe d’étude et de recherche « Fans » (GER Fans), coordonné par Mélanie Bourdaa.

Ce colloque, présenté dans le cadre du congrès de l’Acfas 2023 (colloque no 403), représente ainsi une occasion de réunir des chercheur·se·s francophones provenant de chaque côté de l’Atlantique. L’événement, en personne et en ligne, offrira ainsi une occasion fertile de contribuer à la structuration du champ d’études en français et de saisir le momentum entourant l’intérêt renouvelé autour des fans et leurs pratiques, autant chez les chercheur·se·s que chez les étudiant·e·s.

Les trois axes suivants seront mis de l’avant : 1) les enjeux méthodologiques; 2) la diversité des identités de fans; et 3) la dimension politique des pratiques de fans.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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