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Annie Pullen Sansfaçon : Université de Montréal
Les jeunes trans et autochtones et les jeunes bispirituel·le·s subissent de multiples formes de violence structurelle, à l’intersection de leur genre et de leur identité autochtone. Que ces jeunes habitent sur réserve ou à l’extérieur, les études ont mis en lumière des défis spécifiques notamment vécus en lien avec l’auto-identification, des conditions de pauvretés importantes, la violence, et le manque d’accès aux soins de santé. Cette communication présente les résultats d’une recherche-action faisant appel aux cercles de parole coanimés par une Aînée et deux jeunes bispirituel·le·s. Développés en collaboration avec Projet 10, l’organisme partenaire au projet, les cercles de paroles se sont déroulés sur une période de 19 rencontres tenues entre septembre 2021 et avril 2022, à Tiohtià:ke et en ligne. Les participant·e·s des cercles de parole ont discuté de leurs enjeux les plus pressants, des causes sous-jacentes à ces enjeux, et des pistes de solutions pour y faire face. À partir de la perspective du colonialisme d’occupation, cette communication examine les trois grands enjeux ressortis des discussions, soit le manque d’accès à des espaces sécuritaires, le manque de représentation et le manque d’éducation.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.
C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.
Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?
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