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Antigone au printemps : dispositifs de résistance

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Catherine Cyr : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Cette communication s’attachera à la remise en cause du pouvoir politique telle qu’elle se déploie dans la pièce Antigone au printemps de la dramaturge québécoise Nathalie Boisvert (2017). Dans celle-ci, la crise environnementale se situe au cœur d’une dystopie dramatique où les oiseaux tombent du ciel par milliers et où, peu pris en compte par le pouvoir politique en place, qui nie sa propre activité destructrice, l’écosystème se réduit, devient de moins en moins habitable; la pièce oppose soumission au pouvoir et résistance à l’écocide. Alors que des contaminants sont déversés dans les champs qui bordent la ville, celle-ci devient le cœur de la révolte citoyenne : des Antigones, déclinées en une multitude de jeunes gens – surtout des jeunes femmes – bloquent les rues et les ponts, cherchent à résister à la répression et à la violence qui détruit l’environnement et brise les corps. Cette présentation abordera, au prisme des écoféminismes, les intersections des imaginaires de la domination et de la violence faite au corps des femmes et des entités autres-qu’humaines dans un espace fictionnel dystopique. À travers quelques exemples puisés dans la pièce, nous discuterons des formes choisies par l’écrivaine pour énoncer cette résistance au pouvoir et des aspects – éthiques, esthétiques, politiques – que ces dispositifs mettent au jour.

Résumé du colloque

Si l’écoféminisme gagne en popularité au sein des sciences sociales, peu de recherches en études urbaines présentent une telle perspective. Pourtant les propositions théoriques et analytiques des écoféminismes offrent des clés de lecture pertinentes afin de se pencher sur les enjeux urbains de notre siècle.

Plus qu’un simple mouvement de protection environnemental porté par des femmes, les écoféminismes recoupent une série de luttes, concepts, théories, éthiques et pratiques favorisant l’émancipation conjointe des femmes et de la nature de la domination masculine. Dans l’imaginaire collectif, l’écoféminisme est généralement associé à des mouvements de luttes socioterritoriales portées par des femmes racisées ou autochtones dans des zones d’extraction de ressources naturelles et où les violations de la Terre-Mère vont de pair avec des violences genrées. Peu d’attention est portée aux multiples manières dont les citadines ont des affiliations avec ces luttes et se mobilisent quotidiennement autour de revendications ou pratiques écoféministes.

Les écologies politiques urbaines ne se sont, quant à elles, que peu intéressées au genre. Insistant sur la ville comme espaces d’inégalités, elles ont laissé dans l’ombre l’agentivité des groupes marginalisés à s’approprier l’espace et à créer les leurs, ainsi que tout un pan des activités humaines relatif à la reproduction sociale, aux émotions et à la corporalité.

En valorisant une compréhension relationnelle de l’espace et encourageant l’adoption d’une approche intersectionnelle et multiscalaire, une perspective écoféministe des urbanités éclaire ces angles morts et ouvre la voie à l’enrichissement tant des théories que des recherches empiriques en milieu urbain. Se pencher sur les manières dont les écoféminismes nous révèlent et nous racontent une autre histoire de la ville, et de la toile de relations multiples et complexes qui s’y tissent au quotidien, s’avère dès lors non seulement intéressant, mais nécessaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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