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Membre a labase
Claire Bourély : Université de Montréal
Tout acte de nomination est en même temps un acte de localisation qui permet de s’approprier l’espace (Dugas, 1987). Boyer (2008) parle d’un acte « glottopolitique », visant à « revendiquer l’inscription du toponyme dans une communauté linguistique et/ou culturelle ». De fait, nommer, c’est s’approprier. Mais à quoi correspond l’acte de de dé-nommer, de re-nommer ou d’abréger?
Cette étude analyse les toponymes utilisés par les journaux montréalais Le Devoir, Le Journal de Montréal et La Presse entre 2010 et 2012 pour désigner le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Elle se concentre sur le toponyme HoMa, résultat d’une opération de troncation et soudure de Hochelaga et Maisonneuve, sur le modèle SoHo (New-York), SoMa (Sans Francisco) ou LoDo (Denver), et qui suscite des réactions contrastées chez les résidents du quartier.
L’analyse porte sur 1192 articles. En utilisant le logiciel QDA Miner (Miner, 4) dans une perspective descriptive, nous verrons que l’utilisation du nom HoMa augmente au fil des ans, que Le Devoir est le journal qui favorise le plus HoMa, qu’il est aussi le seul à utiliser le nom Hochelag dans ces trois années et que la probabilité d’utiliser le toponyme HoMa reste la même malgré le volume de mots.
En combinant QDA Miner et Hyperbase (Hyperbase), dans une perspective explicative, nous analyserons ces tendances afin de mieux comprendre les dynamiques linguistiques et géographiques qui sous-tendent la construction d’une identité de quartier.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
Titre du colloque :