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Jeffrey Lamontagne : Université d'Indiana
Si plusieurs travaux ont porté sur le français québécois (FQ) familier, la variation stylistique en FQ soutenu reste relativement peu étudiée. Notre étude comble cette lacune en ajoutant aux rares études sur la morphosyntaxe (Bigot 2021, Villeneuve 2017) des variables phoniques, soit le relâchement et la diphtongaison des voyelles pré-rhotiques en syllabe finale. Si ces deux variables peuvent distinguer le familier du soutenu (Bigot et Papen 2013), leur emploi en contexte formel demeure méconnu. Des régressions à effets mixtes sur la parole spontanée de 14 Montréalais·es enregistré·es dans deux contextes d’entrevues télévisées confirment que les variables phoniques varient peu en FQ soutenu, contrairement aux variables morphosyntaxiques. Le relâchement des voyelles hautes (/piʁ/ [pɪʁ] pire) est associé à la formalité uniquement pour /u/, où il est renforcé par l’antériorisation dans les entrevues moins formelles. Le degré de diphtongaison ne témoigne que de faibles tendances, mais l’antériorité du noyau est associée au style pour plusieurs voyelles (surtout antérieures) et la hauteur du noyau l’est pour /ɔ y/. Nos résultats rejoignent ceux de Labov (2001) sur l’anglais, où la morphosyntaxe était plus sensible au style que les variables phoniques. Notre étude suggère que les individus exploitent les variables phoniques pour atténuer la distanciation sociale engendrée par le contexte et exprimée par les choix morphosyntaxiques.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
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