Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Guillaume Beauchamp : Université de Montréal
Différentes études suggèrent que les changements sociaux et politiques qu’a engendrés la Révolution tranquille ont mené à une évolution considérable du vocabulaire des relations humaines au cours de la seconde moitié du XXe siècle au Québec (Mercier, 2002 ; Vincent et Lambert, 2010).
Cette étude se concentre sur les termes pour désigner un ou une membre d’un couple en français québécois. Une grande variété de dénominations ont été mentionnées dans des travaux antérieurs (Vincent et Lambert, 2010 ; Belleau, 2011). Certaines sont ambiguës en ce sens qu’elles peuvent faire allusion à une personne impliquée dans une relation amicale, telles que ami et amie ou encore copain et copine, tandis que d’autres ne sont pas usitées dans l’ensemble de la francophonie, telles que chum et blonde.
Par le biais de l’approche variationniste, nous observons le changement dans l’usage de ces termes à Montréal. Pour ce faire, nous étudions des données issues de deux corpus recueillis à différentes époques (1971 et 2012) qui contiennent des enregistrements de personnes montréalaises d’origine québécoise. Premièrement, nous comparons la distribution des variantes dans les deux corpus. Nous constatons par exemple que la paire époux/épouse n’apparait qu’en 1971. Deuxièmement, nous procédons à une analyse multivariée afin de déterminer si l’usage des variantes à chaque époque s’explique par des facteurs linguistiques (déterminant, nombre, temporalité) et sociaux (âge, sexe, classe socioéconomique).
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
Titre du colloque :