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Maxime Plante : Université Laval
La trajectoire des personnes non-binaires tend à se dérouler à l’intersection de multiples systèmes d’oppression qui produisent d’importantes répercussions sur la construction de leur identité de genre, puisqu’ils nient leur existence, les occultent, les restreignent ou les stigmatisent. Qui plus est, le manque de représentations sociales des identités sortant de la binarité contribue à ce que les personnes non-binaires prennent conscience et affirment leur identité de genre de façon encore plus tardive que les personnes trans. De fait, les personnes non-binaires sont particulièrement susceptibles de rapporter des difficultés à conceptualiser leur identité de genre ou de déplorer un manque de vocabulaire pour la décrire. En ce sens, cette communication vise à présenter les résultats préliminaires d’une étude qualitative portant sur les expériences ayant influencé la construction de l’identité de genre de 15 jeunes adultes non-binaires au Québec (18-29 ans), interviewé.e.x.s par le Partenariat SAVIE-LGBTQ. Lors de a communication, nous nous attarderons principalement à exposer les effets de l’hétéronormativité, de la cisnormativité, de la colonisation et du sexisme sur la construction de l’identité de genre des jeunes adultes non-binaires.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.
C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.
Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?
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