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Rachida Bouhid : Université McGill
L’économie sociale (ES) est de nature critique du courant dominant et propose une alternative qui remet en question les bases homo oeconomicus du comportement humain, l’accroissement des richesses visé par l’activité économique, la valorisation de l’organisation productive actionnariale, et des évaluations marchandes donnant sens à la répartition des richesses. La prise en conscience des espaces de mixité et des représentations tripolaires d’une ÉS solidaire (ÉSS) se réalise sous deux conditions. La première reconnaît que la nécessité exerce une pression motrice des initiatives de l’ÉSS. La seconde stipule que l’identité collective traduit l’appartenance à un groupe social qui se veut solidaire. Ces conditions, bien qu’elles soient fondatrices, sont en mutation et appellent aujourd’hui à la construction d’une « communauté de destin » et au développement de nouveaux modèles d’activités économiques, notamment l’économie circulaire (ÉC). Néanmoins, l’ÉC est un concept qui attire l’attention par sa promesse d’équilibrer entre la prospérité économique et les limites écologiques, et mobilise des principes organisationnels au cœur de l’économie marchande décriée par l’ÉS. En plus, les élans d’amélioration des performances environnementales jettent une ombre sur la capacité de l’ÉC à tenir compte des préoccupations sociales. Cette proposition discutera de l’apport mutuel entre les deux concepts et si l’ÉS est la voie vers une ÉC inclusive.
L’économie sociale et l’économie circulaire sont de plus en plus mobilisées dans le contexte de l’urgence de la crise environnementale et sociale. Il y aurait une rencontre entre les aspirations d’inclusion que portent l’économie sociale, lesquelles se traduisent par des modes de fonctionnement spécifiques (propriété collective et gouvernance démocratique par les utilisateurs, accumulation collective du patrimoine, redistribution limitée des surplus d’opération, etc.) d’une part, et les modèles de production, de distribution et de consommation alternatifs que propose l’économie circulaire en vue de réutiliser les ressources et participer à la régénération du capital naturel, d’autre part.
Ce colloque a pour objectif principal d’examiner les rôles, le potentiel et les limites de l’économie sociale (coopératives, OBNL et associations, mutuelles) en vue d’une transition vers l’économie circulaire en questionnant au passage la conception de l’économie circulaire sous des angles nouveaux tels la décroissance, les Premières Nations et le mouvement coopératif. Ce colloque souhaite également mettre en conversation les savoirs universitaires et les savoirs issus de la pratique.