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Anne-Marie Broudehoux : UQAM - Université du Québec à Montréal
En 1998, alors qu’on souligne le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage par la France, la ville de Nantes prend l’initiative de reconnaître publiquement son passé esclavagiste, longtemps occulté et réduit au silence. Cette initiative, saluée, sera la source de nombreuses remises en question et aura d’importantes répercussions sur l’image de la ville, sur son rapport au passé, à la nation, à la citoyenneté. Cette communication trace les divers efforts accomplis par la ville de Nantes, depuis un quart de siècle, pour réécrire sa propre histoire et mettre en mémoire un passé difficile. Elle s’intéresse aux processus impliqués dans la réinterprétation de son paysage urbain et de son patrimoine historique, à la lumière d’une relecture du passé collectif et de l’adoption d’une nouvelle identité urbaine. Elle s’intéresse aux divers mécanismes par lesquels cette nouvelle version de l’histoire se concrétise sur le terrain, en rendant visible, dans l’espace public, les traces de ce commerce honteux. Cette étude se penche également sur les nombreux débats qui ont permis de mettre de l’avant cette nouvelle version de l’histoire collective, et d’entamer un processus de réconciliation, tout en évitant le blâme et sans sentiment de culpabilité ni volonté de repentance. Elle révèle aussi la ligne mince entre histoire et mémoire, entre les faits éprouvés et les récits qu’on se raconte et met en garde contre une instrumentalisation de la mémoire afin de servir certains intérêts.
En ce centième anniversaire de l’Acfas, un projet de colloque conjoint est organisé par l’Institut du patrimoine de l’UQAM, en collaboration avec le Réseau Patrimoines de l’Université du Québec (RéPUQ), sur le thème de la commémoration au cœur des patrimoines québécois. Cent ans de patrimoine culturel et naturel, mais également cent ans de recherches liées aux différents patrimoines matériels et immatériels qui alimentent et inspirent la communauté scientifique des chercheur·se·s d’ici, issus de divers domaines, tels que l’histoire, l’art, l’histoire de l’art, la muséologie, la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature, l’architecture, l’éducation, l’archéologie, la géographie, l’environnement, l’océanographie, les sciences et les technologies, la gestion, le loisir, la culture, le tourisme, etc. De près ou de loin, les patrimoines sont imprégnés dans notre manière d’être et d’agir dans le quotidien, de même que dans nos rituels, valeurs, langues et sentiments d’appartenance au territoire qui témoignent de ce que nous sommes, soit de notre identité tant individuelle que collective, comme porteurs de traditions et d’héritages. Dans ce contexte, l’idée de commémoration s’impose, en souvenir de nos ancêtres, du chemin qu’ils ont parcouru, mais aussi de ce qui jonche nos découvertes et notre avancement comme société dans un monde sans cesse en mutation. Bref, ce colloque conjoint vise à tailler une brèche sur l’incidence du phénomène de la commémoration en lien avec les patrimoines dans le continuum scientifique du Québec; un lien pourtant évident, mais peu mis en lumière, le tenant jusqu’à maintenant pour acquis, en le considérant comme faisant partie de facto du « paysage culturel québécois ».
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