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Olivier Choiniere : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Les milieux de travail ont probablement subi le plus grand bouleversement de leur histoire durant la pandémie de Covid-19. En l’espace de seulement trois ans, ces environnements ont vécu deux rapides et importantes mutations. D’une part, le télétravail est devenu une norme en mars 2020 pour tout employé.e dont la prestation ne requérait pas une présence physique. D’autre part, la seconde migration s’est opérée dès 2021 à la faveur d’un modèle de travail hybride qui permet à un.e employé.e de travailler à partir de différents endroits.
Cette communication s’intéresse à cette seconde transformation, en particulier les différents projets mis en œuvre par les organisations pour permettre le retour (partiel ou complet) de leurs employé.es sur lieux de travail désignés et, du même coup, amorcer les travaux quant à l’avenir du travail postpandémique. Ainsi, ces organisations ont déployé des efforts considérables afin de moderniser leurs espaces de travail et équipements technologiques afin de créer un environnement permettant de maximiser les bénéfices du modèle hybride. Il s’agit d’un rare moment dans l’histoire de la gestion de projet qu’une initiative de même nature est mise en œuvre par la vaste majorité des organisations à l’intérieur d’une si courte période de temps. Cette communication propose ainsi un état des lieux eu deux temps, soit une revue de la littérature sur l’avenir du travail ainsi qu’une analyse des premières expériences sous l’angle de la gestion de projet.
La Grande Fermeture de mars 2020 a forcé une pluralité d’organisations à fonctionner en mode virtuel en l’espace de seulement quelques jours, un changement brusque d’une ampleur historique qui exigeait de revoir en profondeur la gestion des entreprises. Malgré la soudaineté du moment, de nombreux employé.e.s ont rapidement adopté cette nouvelle manière de travailler au point où une majorité d’entre eux ont ouvertement exprimé leur préférence à conserver ce mode de travail (Economist et Gartner, 2021). Puis, dès 2021, plusieurs entreprises ont désiré que leurs employé.e.s épousent un modèle de travail hybride qui devait, à l’origine, promouvoir la flexibilité et l’équilibre professionnel. Elles ont alors adopté différentes stratégies afin d’entamer ce retour au travail, que ce soit par l’imposition d’un nombre minimal de jours par semaine en présentiel ou, au contraire, en laissant aux salarié.e.s une certaine marge de manœuvre pour définir la période et la fréquence de leur retour sur les lieux de travail. Cette approche dissymétrique a toutefois attisé la compétition entre les organisations dans un contexte de rareté des talents. En parallèle au retour progressif des salarié.e.s en présentiel, les organisations ont entrepris une réflexion quant à l’avenir de leurs milieux de travail. En effet, la pandémie a démontré que les travailleurs pouvaient être tout aussi efficaces, sinon plus, en mode virtuel (Gartner, 2021). Ainsi, les façons de gérer le personnel en vigueur avant la crise sanitaire, qui requéraient une présence physique sur les lieux de travail, sont rapidement devenues caduques. Les organisations ont donc investi des sommes importantes afin de fournir à leurs employé.e.s l’équipement technologique nécessaire en plus de modifier les espaces de travail pour créer un environnement moderne visant à maximiser la collaboration et la concertation, sans toutefois obtenir de garantie que ces efforts porteraient fruit dans un contexte de profonde mutation des habitudes de travail.
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