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Anne-José Villeneuve : University of Alberta
La francophonie canadienne est en profonde transformation: sa croissance repose de moins en moins sur les naissances et de plus en plus sur l’immigration, en grande partie du continent africain (Maghreb, Afrique subsaharienne). Hélas, peu de travaux se sont intéressés jusqu’ici à ces voix (et voies) du français au Canada.
Je présente ici les orientations du projet "Immigration et francophonies canadiennes en transformation", qui documente le français des gens issus de l’immigration francophone dans deux métropoles du domaine laurentien — Edmonton et Montréal — et teste l’hypothèse de l’émergence, chez les jeunes, d’un français populaire distinct tant du ‘joual’ que du français ‘standard’ (Blondeau et Tremblay 2016). Cette analyse portera sur des variables bien documentées (marqueurs de conséquence; pronoms en autres) et sur des traits de prononciation (quasi)catégoriques en français laurentien soutenu. La constitution du nouveau corpus permet de comparer la parole des personnes établies au Québec à celle des francophones vivant en situation minoritaire et d’étudier le rôle potentiel de l’ethnicité, par la comparaison des nouvelles données à des enregistrements recueillis en 2012 auprès de Montréalais ‘de souche’.
Je montrerai ainsi comment ce projet, par son objet d’étude et la composition de son équipe, tire profit d’expériences et expertises complémentaires tout en renforçant la collaboration, la diversité et l’inclusion dans la recherche en sociolinguistique au Canada.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
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