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Démence stade 4 et création

SR

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Sarah Rocheville : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Je propose d’explorer ce que peut l’écriture au moment de comprendre la 4e phase de la maladie d’un patient atteint de la maladie de Parkinson, phase marquée par l’apparition envahissante de moments de délire ou de démence. Avec quoi un homme qui, dans sa vie active, a toujours été méfiant et irascible, peut-il renouveler et nourrir son fiel une fois son esprit libéré des objets qui l’ont occupé jusque-là? Quelles sont les attirances et les fascinations langagières chez celui qui s’est, pour ainsi dire, s’est perdu de vue? Si l’on en croit Merleau-Ponty, il y aurait lieu de considérer son corps, qui est point de vue sur le monde, comme l’un des objets de ce monde. Cette perception du corps propre, rattachée au sentiment de présence de soi, permet de parler, d’exprimer et de s’exprimer. Mais qu’arrive-t-il pour celui qui ne s’entend plus? La recherche-création me semble utile dans la mesure où l’écriture littéraire, à l’instar de la vie elle-même, naît au contact du cas particulier et s’éloigne de la généralisation. IÀ l’occasion de ce colloque, je réfléchirai tour à tour le point de vue neurologique et celui de la création littéraire, qui, loin d’accentuer un éloignement ou présenter un contre-monde au patient, pourrait bien lui offrir son lieu d’accueil.

Résumé du colloque

La pandémie a mis de l’avant la question du soin prodigué à autrui à l’échelle de la planète (Dalmiya, 2020). Comme l’a dit, en 2020, le docteur Fauci : « Now is the time, if, ever there was one, for us to care selflessly about one another. » Notre programme de recherche-création veut penser la question urgente des philosophies et pratiques du soin par le truchement des changements de paradigmes que connaissent les réflexions actuelles sur la santé (Fairman, 2022). Si la médecine et la science ont été très sollicitées mondialement, se sont parallèlement manifestés une nouvelle sensibilité au souci de l’autre (Gary et Berlinger, 2020), un sentiment planétaire d’appartenance à une vulnérabilité commune (Parker et Ferraz, 2021), une véritable prise en compte des inégalités sociales, des injustices criantes qui déterminent la santé des individus (Stantcheva, 2022), une sortie réelle ou imaginaire de l’ombre des « anges gardiens » (les préposé.e.s aux soins de toutes sortes) (Satyre, 2021), des mises en place de politiques étatiques prophylactiques destinées à protéger les populations (Abdoul-Azize et El Gamil, 2021), des échecs à sauver la vie des personnes âgées (Carter Anand, et al., 2021), un désir d’inventer de nouvelles façons de penser, une explosion des soins palliatifs (Menjak et Ellis, 2022) et de l’aide médicale à mourir (Whitelaw, Lemmens et Van Spall, 2022). S’est donc modifiée la nature même de l’aide apportée à des êtres vulnérables au moyen de différentes méthodes et disciplines, notamment dans la relation au numérique où les recherches Internet et les applications sont omniprésentes dans l’autosoin et le soin (Banner, Carlin et Cole, 2019; Banner, 2017).Tout ceci nous demande de recontextualiser et de redessiner la pensée de l’accompagnement et du soin à l’heure actuelle de façon interdisciplinaire et aussi en recherche-création, et à nous demander ce qu’est un soin et comment le donner.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
news icon Thème du colloque :
Qu’est-ce que soigner veut dire?
section icon Date : 12 mai 2023

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