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Joanie Viau : Université de Montréal
Le rappel du récit consiste à raconter dans ses mots une histoire lue, entendue ou vue, sans l’avoir sous les yeux (Giasson, 2003 ; Kissner, 2006 ; Reed et Vaughn, 2012). Les tâches de rappel s’avèrent utiles pour amener les élèves à nommer, dans leurs mots, les informations essentielles et secondaires contenues dans un texte, que ce soit à l’oral ou à l’écrit. Cette technique permet aux élèves de progresser en compréhension en lecture et d’atteindre les objectifs ministériels. En outre, selon la Progression des apprentissages (MELS, 2009), l’élève doit, à la fin de la troisième année du primaire, être en mesure de « se remémorer l’ensemble du texte et les éléments les plus importants » (p. 73). Comment s’y prendre pour enseigner le rappel du récit ? Dans le cadre d’une recherche-développement réalisée de 2013 à 2022 (Viau, 2022), nous avons sélectionné des albums propices à la réalisation de diverses tâches de rappel, au 2e cycle du primaire. Ces œuvres possèdent des caractéristiques qui permettent aux élèves de se familiariser avec des récits ayant différentes structures, des rapports texte/image variés ainsi que différents types d’albums, soit conventionnels, sans texte ou encore postmodernes. Ces œuvres ont été regroupées en sept réseaux littéraires et des dispositifs d’enseignement ont été utilisés pour permettre aux élèves d’expérimenter différents types de rappels de récits.
Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.
En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.
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