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Rachel Deroy-Ringuette : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Pour mettre en contact les enfants de 0 à 12 ans avec des textes miroirs les représentant, des textes fenêtres leur montrant une réalité différente et des textes portes les poussant à l’action pour une justice sociale (Botelho et Rudman, 2009), il est essentiel de s’interroger sur la diversité des personnages dans les livres jeunesse. Même si ce sujet est très ancré dans les préoccupations sociales actuelles (p. ex. le projet Kaléidoscope. Livres jeunesse pour un monde égalitaire du YWCA, la création du comité pour la diversité culturelle de l’ANEL), peu de recherches québécoises s’y intéressent. Dans des publications antérieures, avec différents types d’échantillons de livres jeunesse québécois, nous avons étudié les personnages sous l’angle de la diversité de genre (DeRoy-Ringuette et Courchesne, 2018) et de la diversité culturelle (DeRoy-Ringuette et Courchesne, 2015; 2016). Nous poursuivons ici ces réflexions avec l’objectif de décrire la diversité (de genre, culturelle et fonctionnelle) dans les livres jeunesse québécois récents. Tiré des trois numéros de la revue Lurelu de l’année 2022, notre échantillon est composé des critiques de livres réalistes mettant en scène des humains et s’adressant aux lecteurs 12 ans et moins (n=120). Nous y avons observé la diversité (de genre, culturelle et fonctionnelle), telle que présentée sur les premières de couverture et dans les critiques des albums (n=60), des biographies (n=3), des mini-romans (n=14) et des romans (n=43).
Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.
En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.
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