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Discontinuation de transition : expérience(s) et perception(s) des professionnel·les travaillant avec les jeunes trans et non-binaires

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Tommly Planchat : Université de Montréal

Résumé de la communication

La grandissante controverse autour de la discontinuation de transition -plus connu sous le terme « détransition » - ravive les débats sur les meilleures pratiques d’interventions auprès des jeunes Trans et Non-binaires (TNB). Si les professionnel·les travaillant avec ce public sont particulièrement la cible des médias qui les accusent d’être responsable du « mauvais diagnostic » de ces jeunes, leurs perceptions et savoirs cliniques sur le sujet demeurent inconnus. Du 1er septembre 2020 au 31 janvier 2021, les professionnel·les travaillant avec les jeunes TNB, de tout pays et discipline confondus, ont été invité à répondre à un questionnaire en ligne sur la plateforme Limesurvey. Parmi les 147 professionnel·les ayant initialement participé à l’étude, 61 ont répondu à 60% du sondage incluant les questions sur la discontinuation. La présentation portera sur les résultats d’une analyse thématique (Braun et Clarke, 2019) effectuée sur les questions ouvertes concernant leurs perceptions et expériences cliniques avec la discontinuation de transition. Les professionnel·les rapportent dans leur pratique des situations variées de discontinuation, certain·e·s déclarent ne jamais avoir rencontré ou suivi de jeune ayant discontinué leur transition. Leur compréhension du phénomène est diversifiée et semble globalement cohérente avec la recherche naissante sur le sujet. Le lien entre pratique professionnelle et discontinuation de transition est quasiment absent dans leur discours.

Résumé du colloque

Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.

C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.

Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Maël Ste-Marie
section icon Date : 12 mai 2023

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