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En attendant l’Anthropocène : retours et perspectives sur une proposition controversée

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Fabien Colombo : Université Bordeaux Montaigne

Résumé de la communication

Qu’est-ce qui pose tant de problèmes dans la reconnaissance de l’Anthropocène, alors que les données sur l’aggravation de la crise écologique ne cessent de s’accumuler ?

L’hypothèse principale défendue ici est la suivante : les diverses controverses qui entourent la reconnaissance de l’Anthropocène semblent principalement liées à des problèmes de « traduction », au sens notamment de Michel Serres et de Bruno Latour, à savoir de la transformation d’un énoncé d’une discipline à une autre (Serres et Latour 1992). Dit autrement, cela serait le caractère proprement transdisciplinaire de l’Anthropocène qui poserait tant de difficultés dans sa réception par les institutions actuelles de savoir. Il inviterait à une redistribution du grand partage entre les sciences naturelles et sociales, mais aussi entre science et politique, qui resterait encore très difficile à négocier (Latour 2015).

Pour illustrer le propos : (1) nous reviendrons sur le passage du concept d’Anthropocène de l’IGBP à l’AWG, passage d’une définition systémique à un définition disciplinaire ; (2) ensuite, sur les controverses autour du changement de point de départ de l’Anthropocène en 2016, marquant des débats de plus en plus sous tension ; (3) et, enfin, nous proposerons d’esquisser des perspectives transdisciplinaires, en termes de redistribution des ontologies et des savoirs, en attendant l’éventuelle reconnaissance de l’Anthropocène pour 2024.

Résumé du colloque

Inondations, vagues de chaleur, feux dévastateurs, ouragans plus fréquents et plus puissants, fontes des glaciers – les dérèglements climatiques et leurs conséquences dramatiques prennent de plus en plus de place dans l’actualité tandis que l’érosion de la biodiversité et la déstabilisation des cycles de l’azote ou du phosphore se poursuivent à bas bruit. Chaque fois, les activités humaines se révèlent être l’un des principaux moteurs de ces bouleversements sans précédent. Or, depuis plusieurs années maintenant, la notion d’Anthropocène s’est imposée, dans les médias comme dans le champ scientifique, pour rendre compte de cette époque nouvelle qui est la nôtre et qui se caractérise par l’impact de plus en plus visible des activités humaines sur la surface planétaire. Ce concept, popularisé au tournant du siècle par le chimiste Paul Crutzen et le biologiste Eugene Stoermer, suscite pourtant de nombreux débats, que ce soit quant à sa définition exacte, son point de départ, ses enjeux sociaux et politiques, ou son utilisation à l’extérieur des cercles universitaires. S’il n’est pas encore validé par les géologues en charge de qualifier les unités chronostratigraphiques pouvant être identifiées dans les couches sédimentaires, il est déjà fortement remis en question, en particulier du côté des sciences humaines et sociales, du fait de sa nature trop imprécise et de sa visée trop apolitique. Des voix s’élèvent ainsi déjà pour annoncer l’obsolescence programmée de ce concept. C’est dans ce contexte que nous nous proposons de réunir des chercheur·e·s francophones de différents champs disciplinaires (géographie, anthropologie, biologie, philosophie, histoire), tant celles et ceux qui portent un regard critique sur le concept d’Anthropocène que celles et ceux qui en étudient les diverses manifestations, afin de réfléchir, collectivement, à la pertinence, aux limites, aux enjeux, voire même au possible dépassement du concept, essentiellement interdisciplinaire, d’Anthropocène.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
news icon Thème du colloque :
L’Anthropocène, et après?
section icon Date : 12 mai 2023

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Titre du colloque :

L’Anthropocène, et après?

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Thème du colloque :

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