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Renée Lambert-Brétière : Université du Maryland, Comté de Baltimore
Cette conférence a pour but d'analyser la place qu’occupe la commémoration dans la reconnaissance et la sauvegarde du patrimoine immatériel autochtone au Québec. Ce patrimoine est formé « des expressions, des valeurs, des coutumes, des langues, de la tradition orale, des modes de vie traditionnels, de la créativité, de l’adaptabilité et, en définitive, de tout ce qui fait le caractère distinctif d’un peuple. » (Grattan, 2006) Nous nous pencherons plus particulièrement sur le patrimoine linguistique autochtone. Des onze langues autochtones répertoriées sur le territoire du Québec, deux n’ont plus de locuteurs natifs (le huron-wendat et le malécite), une est en situation très critique (l’abénaquis), trois sont fortement en danger (le mohawk, le mi’kmaq et l’algonquin) et l’innu, l’atikamekw, le cri, le naskapi et l’inuktitut, bien que relativement mieux préservées, sont gravement menacées. Au Québec et à international, il y a un consensus quant à l’importance de la sauvegarde des langues minoritaires et du respect de la diversité linguistique et culturelle. C’est dans ce contexte que nous examinons le rôle joué par la commémoration pour la vitalité des langues autochtones du Québec. Plusieurs événements commémoratifs visent à souligner le patrimoine linguistique autochtone, du Québec et d’ailleurs. Nous suggérons que la commémoration constitue à la fois un outil de résistance contre l’effacement des langues et cultures autochtones et un instrument de politique nationale.
En ce centième anniversaire de l’Acfas, un projet de colloque conjoint est organisé par l’Institut du patrimoine de l’UQAM, en collaboration avec le Réseau Patrimoines de l’Université du Québec (RéPUQ), sur le thème de la commémoration au cœur des patrimoines québécois. Cent ans de patrimoine culturel et naturel, mais également cent ans de recherches liées aux différents patrimoines matériels et immatériels qui alimentent et inspirent la communauté scientifique des chercheur·se·s d’ici, issus de divers domaines, tels que l’histoire, l’art, l’histoire de l’art, la muséologie, la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature, l’architecture, l’éducation, l’archéologie, la géographie, l’environnement, l’océanographie, les sciences et les technologies, la gestion, le loisir, la culture, le tourisme, etc. De près ou de loin, les patrimoines sont imprégnés dans notre manière d’être et d’agir dans le quotidien, de même que dans nos rituels, valeurs, langues et sentiments d’appartenance au territoire qui témoignent de ce que nous sommes, soit de notre identité tant individuelle que collective, comme porteurs de traditions et d’héritages. Dans ce contexte, l’idée de commémoration s’impose, en souvenir de nos ancêtres, du chemin qu’ils ont parcouru, mais aussi de ce qui jonche nos découvertes et notre avancement comme société dans un monde sans cesse en mutation. Bref, ce colloque conjoint vise à tailler une brèche sur l’incidence du phénomène de la commémoration en lien avec les patrimoines dans le continuum scientifique du Québec; un lien pourtant évident, mais peu mis en lumière, le tenant jusqu’à maintenant pour acquis, en le considérant comme faisant partie de facto du « paysage culturel québécois ».
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