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Enseigner l’Anthropocène sous une perspective informée par le long terme

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Geneviève Pothier Bouchard : Université Laval

Résumé de la communication

Doit-on enseigner l’Anthropocène et si oui, comment? Ces deux questions forment le cœur de cette présentation qui synthétise sept ans d’observations pédagogiques et de considérations conceptuelles sur la manière dont ce défi peut être relevé dans un cursus d’archéologie. Face à la crise écologique actuelle, l’enseignement d’un cours d’archéologie portant sur les interactions humain-environnement nous fournit une fenêtre unique pour aborder la notion d’Anthropocène sous une perspective interdisciplinaire informée par la longue durée.

Cette présentation est l’occasion de discuter des bienfaits et des défis d’enseigner l’Anthropocène dans le cadre d’un cours d’archéologie. La controverse entourant cette notion est ici vue comme une porte d’entrée afin de pousser les étudiants à développer un sens critique face aux enjeux climatiques actuels. Par des lectures, travaux et discussions critiques en classe, les étudiants développent une perspective synthétique et informée par le long terme, par les données archéologiques et par des concepts d’écologie humaine et d’anthropologie, sur les problèmes écologiques d’aujourd’hui et des prochaines décennies. Elle souligne également la nécessité de développer un vocabulaire et des cadres analytiques transdisciplinaires afin d’affronter au mieux les défis actuels. En retour, la participation des étudiants engagés et intéressés et la diversité de leurs programmes d’étude contribuent à la richesse des réflexions et à l’évolution du cours.

Résumé du colloque

Inondations, vagues de chaleur, feux dévastateurs, ouragans plus fréquents et plus puissants, fontes des glaciers – les dérèglements climatiques et leurs conséquences dramatiques prennent de plus en plus de place dans l’actualité tandis que l’érosion de la biodiversité et la déstabilisation des cycles de l’azote ou du phosphore se poursuivent à bas bruit. Chaque fois, les activités humaines se révèlent être l’un des principaux moteurs de ces bouleversements sans précédent. Or, depuis plusieurs années maintenant, la notion d’Anthropocène s’est imposée, dans les médias comme dans le champ scientifique, pour rendre compte de cette époque nouvelle qui est la nôtre et qui se caractérise par l’impact de plus en plus visible des activités humaines sur la surface planétaire. Ce concept, popularisé au tournant du siècle par le chimiste Paul Crutzen et le biologiste Eugene Stoermer, suscite pourtant de nombreux débats, que ce soit quant à sa définition exacte, son point de départ, ses enjeux sociaux et politiques, ou son utilisation à l’extérieur des cercles universitaires. S’il n’est pas encore validé par les géologues en charge de qualifier les unités chronostratigraphiques pouvant être identifiées dans les couches sédimentaires, il est déjà fortement remis en question, en particulier du côté des sciences humaines et sociales, du fait de sa nature trop imprécise et de sa visée trop apolitique. Des voix s’élèvent ainsi déjà pour annoncer l’obsolescence programmée de ce concept. C’est dans ce contexte que nous nous proposons de réunir des chercheur·e·s francophones de différents champs disciplinaires (géographie, anthropologie, biologie, philosophie, histoire), tant celles et ceux qui portent un regard critique sur le concept d’Anthropocène que celles et ceux qui en étudient les diverses manifestations, afin de réfléchir, collectivement, à la pertinence, aux limites, aux enjeux, voire même au possible dépassement du concept, essentiellement interdisciplinaire, d’Anthropocène.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
news icon Thème du colloque :
L’Anthropocène, et après?
section icon Date : 12 mai 2023

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Titre du colloque :

L’Anthropocène, et après?

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Thème du colloque :

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