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Celeste Trianon : Université de Montréal
Depuis la légalisation de la non-binarité au Québec le 17 juin 2022, de nombreuses personnes, jeunes incluses, ont pu accéder à un changement. Par contre, ceci n’est pas vrai pour toutes les jeunes: certaines personnes n’ont tout simplement pas accès à ces changements, pour des raisons variées, dont l’accès à un.e professionnel.le de la santé ou des services sociaux, le droit international privé et l’accès aux certificats de naissance, ainsi que dans certains cas, l’absence de consentement parental et le non-accès à une boîte à courrier confidentielle.
Cette présentation va focuser, d’une perspective intersectionnelle et communautaire / «sur le terrain», sur divers enjeux juridiques et factuels qui font en sorte à ce que la transition légale n’est pas également accessible pour tous les jeunes trans dans l’ensemble du territoire québécois. Divers anecdotes de la Clinique de transition légale (gérée depuis 2022 par l’autrice) seront mis d’avant. Seront abordés aussi quelques pistes de solution pour remédier à certains des enjeux discutés.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.
C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.
Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?
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