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Samira Rousseliere : Oniris, Ecole Nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l'Alimentation
Notre communication est la première approche empirique d’une comparaison entre les entreprises d’économie sociale et les autres entreprises pour le développement d’innovations sociales et environnementales. A partir d’une enquête européenne portant sur 16 000 entreprises, nous estimons des modèles économétriques originaux (probit bivarié avec effets aléatoires corrélés) permettant de différencier les effets directs et contextuels (ou indirects) de l’économie sociale, tout en tenant compte de la particularité des modèles nationaux d’économie sociale. Ainsi bien que les entreprises d’économie sociale soient plus innovantes au plan social et environnemental, leur principale contribution en matière d’innovation environnementale passe par leur influence sur l’activité des autres entreprises. La présence d’économie sociale conduit, selon différents mécanismes, les autres entreprises à être plus innovantes. Ce résultat empirique est cohérent avec la littérature scientifique sur l’économie sociale comme laboratoire d’innovation et « étalon pour un changement transformateur » (« yardstick for transformative change »).
Nous sommes aussi capables d’identifier les leviers spécifiques de l’innovation aussi bien dans les entreprises d’économie sociale que dans les autres formes d’entreprises. En matière de politique publique, un effet indirect et non voulu de politiques d’austérité relatives à l’économie sociale peut être ainsi celui de réduire l’innovation sur le long terme.
L’économie sociale et l’économie circulaire sont de plus en plus mobilisées dans le contexte de l’urgence de la crise environnementale et sociale. Il y aurait une rencontre entre les aspirations d’inclusion que portent l’économie sociale, lesquelles se traduisent par des modes de fonctionnement spécifiques (propriété collective et gouvernance démocratique par les utilisateurs, accumulation collective du patrimoine, redistribution limitée des surplus d’opération, etc.) d’une part, et les modèles de production, de distribution et de consommation alternatifs que propose l’économie circulaire en vue de réutiliser les ressources et participer à la régénération du capital naturel, d’autre part.
Ce colloque a pour objectif principal d’examiner les rôles, le potentiel et les limites de l’économie sociale (coopératives, OBNL et associations, mutuelles) en vue d’une transition vers l’économie circulaire en questionnant au passage la conception de l’économie circulaire sous des angles nouveaux tels la décroissance, les Premières Nations et le mouvement coopératif. Ce colloque souhaite également mettre en conversation les savoirs universitaires et les savoirs issus de la pratique.
Titre du colloque :