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Naomie-Jade Ladry : Université de Montréal
Lors du coming out, le processus d’acceptation est différent pour chacun·e et peut teinter le type de soutien offert, ce qui peut être un enjeu sur le bien-être et la santé mentale (Pullen Sansfaçon et al., 2015 ; 2019). Les parents vivent également des difficultés telles que du stress externe, de l’ostracisme de la part de leur entourage (Pullen Sansfaçon et al., 2022) et peinent à trouver des services en région. L’accès aux ressources est donc fondamental et les parents ont besoin d’être soutenu·e·s dans l’accompagnement de leurs enfants ainsi que pour naviguer dans les différentes structures de services.
Le projet de recherche, réalisé dans un contexte franco-canadien, tente d’apporter une première documentation sur les expériences des parents ayant des enfants de la diversité de genre en région afin de développer des connaissances sur leurs vécus et mieux saisir les enjeux et leurs besoins spécifiques. Cette recherche a été réalisée en deux vagues, soit une collecte de données auprès de parents d’enfants TNB habitants la Gaspésie, le Bas-Saint-Laurent et les Îles-de-la-Madeleine qui ont participé à cinq rencontres de groupes, et neuf entrevues en profondeurs avec des parents habitant la province de Québec, hors des grands centres urbains. L’analyse s’est faite par vague en faisant appel à l’analyse thématique inductive, avant que les résultats de chaque vague aient été mis en dialogue. Finalement, cette communication présentera les résultats recueillis des deux vagues.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.
C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.
Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?
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