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Elisabeth Derome : Université Laval
Le retour au travail d’une femme après un cancer du sein s’avère une issue souhaitable sur les plans individuel, social et sociétal. Or, le taux d’emploi des femmes québécoises diagnostiquées d’un cancer du sein serait moins élevé comparativement à celles n’ayant jamais reçu ce type de diagnostic. Une recension des écrits a été réalisée sur l’expérience du processus de retour au travail des femmes et des responsables des milieux de travail. Les résultats révèlent que plusieurs femmes éprouveraient des difficultés lors de leur retour au travail, dont le manque de soutien perçu de leur milieu de travail. Il semble que plusieurs responsables ne se sentiraient pas suffisamment outillés quant aux connaissances sur le cancer et ses conséquences, ni pour équilibrer les intérêts de la survivante et de l’organisation. Enfin, un constat émerge voulant que les recherches au sujet du retour au travail après un cancer du sein concernent soit l’expérience des femmes, soit le point de vue des responsables quant à ce retour au travail, mais aucune recherche n’a permis de réunir ces deux perspectives incluant les besoins de chacun. Les interactions entre le milieu de travail et l’employée visant à faire valoir les intérêts et les contraintes s’avèrent un exercice délicat qu’il nous faut mieux comprendre. Ainsi, une recherche qualitative est envisagée afin d’explorer le vécu et les besoins des responsables et des femmes lors du retour au travail et de croiser leurs perspectives.
Le cancer touche près de deux Canadiens sur cinq. Grâce aux avancées technologiques récentes et aux multiples traitements disponibles, l’espérance de vie des personnes touchées par un cancer est prolongée. De fait, cette maladie est dorénavant perçue comme une maladie chronique en raison du besoin de surveiller l’état de santé et d’accompagner l’autogestion de la personne. Malgré le succès des traitements contre cette maladie, les personnes touchées par un cancer peuvent présenter des besoins non comblés quant à différentes sphères de leur vie (p. ex., retour au travail plus laborieux, apprentissage de la gestion de leurs symptômes).
Selon le cadre des soins de soutien proposé par Fitch (2005), les personnes touchées par un cancer pourraient être confrontées à différents besoins tout au long de leur parcours de soins, tels que ceux physiques (p. ex., symptômes), psychologiques (p. ex., changements corporels), émotionnels (p. ex., peur de la récurrence du cancer), pratiques (p. ex., enjeux financiers), informationnels (p. ex., apprentissage de l’autogestion), spirituels (p. ex., perte de sens) et sociaux (p. ex., changements quant aux rôles sociaux). La grande variabilité des besoins ressentis renforce la nécessité d’adopter une vision holistique et interprofessionnelle afin de favoriser un meilleur accompagnement ainsi qu’une meilleure prise en charge de cette clientèle.
En ce sens, il appert nécessaire de mieux comprendre les expériences des personnes touchées par un cancer et de mettre en place des interventions optimisant leur accompagnement. À cet égard, les chercheurs œuvrant en oncologie provenant de différentes disciplines (p. ex., infirmières, psychologues) jouent un rôle important pour répondre à cette problématique. Il reste ainsi à favoriser le maillage entre les chercheurs, les organismes communautaires (p. ex., Société canadienne du cancer) ainsi que les personnes touchées par le cancer pour développer des solutions mieux adaptées à leurs besoins.
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