Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Gervais Saturna Mevono : UNIVERSITÉ DE YAOUNDÉ 1 - DÉPARTEMENT DE SOCIOLOGIE - CERESC
Le début de ce siècle est marqué par l’embarcation des technologies de l’information et de la communication dans le système de transport urbain par taxi avec notamment la naissance de l’entreprise américaine Uber en 2009. Dans le même sillage, et du fait d’une situation assez délicat en lien avec la survenue de la pandémie à Covid-19, on observe une percée fulgurante ; en contexte africain spécifiquement ; d’un ensemble d’innovations allant dans le sens de la facilitation des mobilités citadines par l’usage d’applications mobiles. La présente réflexion interroge les bouleversements structurels en cours dans les systèmes de transport urbain et de mobilité urbaine des villes de Douala et Yaoundé à partir de l’émergence de l’application de commande de taxi en ligne Yango dans l’écosystème de transport urbain camerounais. A travers une recherche qualitative qui mobilise un important dispositif d’observation structurée et dix-huit entretiens semi-structurés auprès des décideurs urbains et des transports, des membres du syndicat national des taximen et des représentants locaux de l’entreprise Yango, ce travail met en lumière les luttes des acteurs en présence dans le champ de la mobilité urbaine du fait d’enjeux politiques, économiques, socio=sécuritaires et géostratégiques importants ; l’objectif étant de montrer comment l’usage d’une application mobile participe à la (re)configuration du système de pouvoir dans le champ de régulation du transport urbain au Cameroun.
Dans le contexte actuel de transformation numérique de notre société, où les usages quotidiens des applications mobiles (tant par les individus que par les entreprises ou les États ou gouvernements) ont dépassé les prévisions les plus optimistes, il importe d’interroger les nouveaux enjeux et questionnements politiques, économiques, technologiques, éthiques, juridiques et culturels que soulève le recours massif à ces applications mobiles, tout en évaluant et en anticipant leurs incidences actuelles et à venir sur la société, notamment en ce qui concerne les occasions et les risques.
En effet, au-delà des incantations magiques liées à la société du « tout numérique », les applications et services mobiles offrent d’innombrables occasions pour les entreprises et des bénéfices concrets en ce qui touche l’amélioration des conditions de vie pour les citoyens et utilisateurs dans des domaines tels que la santé et le bien-être; l’agriculture; l’environnement; l’intelligence urbaine; les services financiers et bancaires; l’éducation; ou encore l’accès à la culture. Par ailleurs, l’usage de ces applications présente des risques élevés, voire des menaces, pouvant avoir des effets non négligeables en matière d’empreinte carbone et d’impact environnemental, de surveillance massive, de sécurité et de vol de données, d’intrusivité et de violation de la vie privée, de nouvelles inégalités ou fractures numériques, etc.
Au regard de tous ces enjeux, les conférences et communications qui seront présentées dans le cadre du colloque tenteront d’apporter des éléments de réponses aux questions suivantes : 1) En quoi, les applications mobiles servicielles reflètent-elles ou ont-elles une incidence (positivement ou négativement, et durablement) sur nos modes de vie ainsi que l’évolution de nos sociétés ? 2) Dans quelle mesure peuvent-elles constituer un appui à un changement comportemental dans nos rapports (individuel et collectif) à la technologie et dans notre manière de concevoir le progrès technologique et ses incidences potentielles sur notre société et sur le développement, dans une perspective durable ? 3) Enfin, qu’en est-il du rôle des pouvoirs publics face aux défis de régulation que posent ces dispositifs (sociotechniques) mobiles (qui ne sont pas neutres) et leurs développeurs ou fabricants par rapport à l’intérêt public, à l’épanouissement des personnes qui les utilisent et à un développement numérique généralisé de la société qui soit plus inclusif, durable et équitable pour tous ?
Toutes ces questions seront abordées de manière transversale au fil des six axes thématiques du colloque, qui sont les suivants : 1) Applications mobiles, société et consommation; 2) Applications mobiles, santé et bien-être; 3) Applications mobiles, cultures et découvrabilité des contenus locaux; 4) Applications mobiles, 5G et IA; 5) Applications mobiles au service du développement; et 6) Applications mobiles, vie privée, régulation et gouvernance publique.
Titre du colloque :