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Identités et modalités de genre chez les jeunes 2S/LGBTQIA+ au Canada : résultats préliminaires du sondage J’prends ma place

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Guillaume Tardif : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Problématique. Les conceptions du genre ont rapidement évolué dans la société canadienne ces dernières années. À l’avant-garde de ces évolutions, les jeunes sont de plus en plus à nombreux·ses à se décrire d’une façon qui s’écarte des notions conventionnelles du genre. Les nuances de leurs réalités liées au genre restent cependant peu explorées.

Objectif. Détailler les identités et les modalités de genre des jeunes 2S/LGBTQIA+ au Canada.

Méthodologie. Des analyses statistiques ont été réalisées avec les données du sondage J’prends ma place, élaboré par de jeunes chercheur·es queers.

Résultats. Au total, 3668 jeunes de 15 à 24 ans ont répondu au sondage. 29% (n=972) des jeunes se sont identifié·es à plus d’une identité de genre. En ordre, les identités de genre femme, non-binaire et hommes étaient les plus rapportées. En ce qui concerne la modalité de genre, 40% ont rapporté être trans. La majorité des personnes trans s’identifiait au genre non-binaire (31%), alors que 6% s’identifiait comme femme et 27% comme homme. 81% des personnes intersexes et 58% des personnes bispirituelles s’identifiaient comme trans. Des variations en fonction de l’âge, de l’orientation sexuelle et de la langue sont également notées.

Conclusion : Ce projet est un apport aux luttes contre la disqualification des jeunes en ce qu’il offre des données permettant de se familiariser avec leurs conceptions du genre.

Résumé du colloque

Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.

C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.

Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?

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Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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