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"I'm way too cute to be a cop": Gérer la maîtrise des impressions en tant qu'agent inflitrateur

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Annie Houle : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Maintenir sa couverture en contexte de cyberprédation n’est pas tâche aisée : l’agent infiltrateur doit pouvoir converser de manière fluide en se faisant passer pour un (pré)adolescent auprès de sa cible qui a pu préalablement avoir des contacts répétés avec des jeunes et être au fait de leurs tendances discursives. De plus, le niveau de méfiance et les connaissances relatives aux techniques de lutte policière contre le leurre informatique varient d’un cyberprédateur à l’autre et l’agent infiltrateur, évoluant en interaction, doit, à chacune de ses interventions, négocier l’identité qu’il a forgée pour se soumettre au comportement que le cyberprédateur attend de lui de manière à éviter de semer le doute chez son interlocuteur quant à son identité. Afin de mieux aiguiller l’agent infiltrateur dans sa tâche, nous avons identifié, dans les archives de clavardage publiées sur Perverted-Justice.com, les failles menant à un risque de rupture de cadre (Goffman, 1973, 1991 ; Houle, 2016, 2023) dans le jeu des agents infiltrateurs, les contextes dans lesquels elles apparaissent ainsi que les stratégies discursives utilisées pour les dissiper et rétablir ainsi la confiance de leur cible.

Résumé du colloque

La linguistique appliquée aux domaines de l’enquête et du droit, aussi appelée linguistique légale ou linguistique forensique, est une discipline relativement récente qui a vu le jour dans le monde anglo-saxon vers le début des années 1980. Si cette discipline est en voie d’expansion du côté des États-Unis, de l’Angleterre et du Canada anglais, elle est encore peu connue dans la francophonie et au Québec en particulier. L’expertise des linguistes gagnerait pourtant à être mise à contribution dans les domaines de l’enquête et du droit, des milieux où la parole orale et écrite occupe une place centrale – pensons aux entrevues d’enquête, aux procès criminels ou encore aux appels d’urgence –, mais où les outils et les connaissances requises pour en faire une analyse fine et détaillée sont généralement absents.

L’objectif de ce colloque est donc de mettre de l’avant les travaux de recherche menés par des francophones qui s’intéressent aux discours produits dans des contextes légaux et judiciaires, que ce soient des spécialistes en (socio)linguistiques, en phonétique, en analyse de discours ou encore des juristes et des criminologues. Il sera également pertinent de se pencher sur des recherches dont l’objet d’étude n’est pas le discours juridique lui-même, mais plutôt ce qu’on en dit, par exemple, les spécialistes qui s’intéressent aux discours médiatiques traitant des victimes ou des personnes suspectes d’actes criminels.

Soulignons enfin que ce colloque s’inscrit dans la suite d’un précédent colloque organisé par Pr. Marty Laforest dans le cadre de l'ACFAS en 2017, qui mettait la table à la linguistique légale dans la francophonie et qui pavait la voie aux jeunes chercheur.euse.s désirant faire leurs armes dans cette discipline. Cet événement sera donc l’occasion de réunir des chercheur.euses et des professionnel.le.s de divers horizons autour d’un objectif commun, celui de mettre en lumière les apports de la linguistique légale pour la résolution de problèmes sociaux réels.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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