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Simone Lemieux : Université Laval
Les liens qui relient la qualité de l’alimentation à la santé ont été bien documentés. Malgré ces connaissances, les habitudes alimentaires de la population ne sont pas optimales et semblent difficiles à améliorer. Par ailleurs, le fait de focaliser sur les attributs « santé » des aliments pour favoriser de meilleures habitudes alimentaires peut présenter certains écueils. À cet effet, certaines études ont suggéré qu'il existe une perception assez forte selon laquelle les aliments qui sont "bons" pour la santé sont nécessairement moins savoureux et moins gratifiants que les aliments "moins bons pour la santé". Cette perception pourrait compromettre les efforts visant à adhérer à de saines habitudes alimentaires compte tenu de l'importance du goût et du plaisir de manger dans les choix alimentaires quotidiens. Dans ce contexte, des interventions qui utiliseraient le plaisir de manger comme un allié plutôt que comme un adversaire à une alimentation saine pourraient être pertinentes. Ainsi, l’élaboration d’une intervention qui intègre le plaisir de manger pour promouvoir la saine alimentation est l’objet principal de notre programmation actuelle de recherche. La présentation portera principalement sur les étapes nécessaires à la mise en place d’une telle intervention. Notamment, les travaux effectués visant à établir comment le concept de plaisir alimentaire est défini dans la littérature scientifique et dans notre population seront présentés.
Nous vivons dans une société où l’apparence et l’alimentation occupent une place prépondérante. Bien qu’il y ait de plus en plus d’initiatives sociales visant à favoriser la diversité corporelle et les approches bienveillantes de l’alimentation, les normes sociétales en vigueur font en sorte que de très nombreuses personnes sont insatisfaites de leur image corporelle, souhaitent contrôler leur poids ou sont très préoccupées par ce qu’elles mangent. Le rapport que nous entretenons avec notre corps et avec la nourriture est lié à nos attitudes, émotions, croyances et comportements dans différentes sphères de la vie. Par exemple, notre façon de percevoir notre corps est inextricablement lié à notre rapport avec les aliments de même qu’à différents indicateurs de santé physique et psychologique. Nos comportements alimentaires et notre image corporelle influent également sur notre façon de percevoir les autres, notre envie (ou pas) d’entrer en relation avec eux et notre façon d’interagir avec eux. Or, de nombreuses personnes ont une perception négative de leur corps et un rapport conflictuel avec la nourriture. La récente pandémie de COVID-19 a d’ailleurs entraîné une exacerbation de la détresse liée à l’image corporelle et aux comportements alimentaires, notamment en raison de changements marqués dans la routine quotidienne des gens (ex. : confinement, accès constant à la nourriture, moins d’occasions d’activité physique, plus de temps passé sur les réseaux sociaux). C’est dans cette optique qu’il paraît important de poursuivre les recherches visant à mieux comprendre le rapport que les gens entretiennent avec leur corps et avec la nourriture.
Dans ce colloque, nous proposons donc de réunir des chercheurs et chercheuses qui travaillent à des problématiques liées au comportement alimentaire et/ou à l’image corporelle, et ce, dans l’objectif de : 1) faire émerger de nouvelles idées et collaborations de recherche; 2) informer les scientifiques et le grand public au sujet des dernières avancées dans le domaine; et 3) dégager des pistes d’intervention concrètes afin de mieux guider les intervenant·e·s qui travaillent auprès de personnes préoccupées par leur alimentation, leur poids et/ou leur image corporelle.
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