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André Cardozo Sarli : Université de Genève
La présence des adolescents dans institutions d’accueil au Brésil est le résultat d'un processus persistant d’exclusion qui a conduit à la violation de leurs droits (art. 101 du Statut de l'Enfant et du Adolescent). Les problèmes qui ont déclenché leur placement sont divers, mais surtout liés aux inégalités et à la pauvreté : enfants associés ou menacés par les cartels de la drogue, enfants liés à des activités criminelles, violence familiale, abus et négligence, et situations de rue. Les institutions d'accueil sont alors un instrument de politique publique destiné à être le moindre mal entre le danger et l'éloignement des enfants de leur famille d'origine et de leur communauté. Dans ces institutions, l'accès à l'environnement numérique, en particulier aux médias sociaux, est fortement régulé et contesté. Sur 14 institutions que j'ai visitées, 9 avaient des cas négatifs contre les médias sociaux. Les raisonnements étaient cependant très variés : certains établissements étaient plongés dans un contexte de risque bien plus défavorable que d'autres, alors que cela n'était pas corrélé à des mesures plus strictes. Dans ma présentation, j'aborderai ces données selon l'approche script/prescription de Actor-Network-Theory (Akrich & Latour, 1992), le développement de « user scripts" de Gjøen & Hård (2002) et la littérature sur les paniques morales dans le contexte de l'utilisation des réseaux sociaux par les adolescents (Marwick, 2008 ; boyd, 2014)
À l’heure actuelle, la présence des adolescents, des enfants, et voire même des tout-petits dans l’« environnement numérique » (contextes physiques d’usage du numérique, réseaux sociaux numériques, logiciels de visioconférence, jeux vidéo, plateformes de visionnement, etc.) pose des enjeux pour les familles, le monde de l’éducation et la sphère politique.
Au Québec, 85 % des parents disent avoir des règles d’encadrement du numérique à la maison et 28 % considèrent « très probable » que leur enfant soit victime de cyberintimidation dans sa vie (Académie de la transformation numérique, 2021).
Dans le monde scolaire, la sollicitation d’organismes comme le Centre pour l’intelligence émotionnelle en ligne, lesquels offrent des activités de sensibilisation et d’information sur le « bien-être numérique », témoigne de la préoccupation des personnes enseignantes pour cette question.
À l’échelon gouvernemental, la présence de la dimension « Agir en citoyen éthique à l’ère du numérique » dans le Cadre de référence de la compétence numérique, l’adoption de la Stratégie québécoise sur l’utilisation des écrans et la santé des jeunes 2022-2025 ainsi que l’intégration d’éléments de littératie numérique dans la version provisoire du programme d’études Culture et citoyenneté québécoise attestent d’une certaine préoccupation des décideurs politiques au regard de l’influence du numérique sur le bien-être et le développement des tout-petits, des enfants et des adolescents.
Cela dit, nous disposons de peu de connaissances nous permettant de bien saisir la diversité des initiatives et des actions visant à minimiser les risques et à maximiser les occasions du numérique pour les jeunes, de même que leurs fondements et leurs effets. Ce colloque propose de poser les questions suivantes :
Notons que ces questions sont proposées à titre indicatif. Toute proposition de communication traitant d’un enjeu lié au numérique dans la vie des tout-petits, des enfants ou adolescents sera considérée par les personnes organisatrices.
Conférencier invité confirmé : Normand Landry, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en éducation aux médias et droits humain (Université TELUQ)
Titre du colloque :