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La lucha es un poema colectivo : une étude des mouvements campesinas et autochtones paraguayen pour la sauvegarde des semences en zones urbaines et rurales

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Andréanne Brunet-Bélanger : Université de Montréal

Résumé de la communication

Pour cette communication, je m’intéresse à l’imbrication des actions en contexte urbain et rural de deux organisations féministes paraguayennes campesinas et autochtones. Ces organisations ont la particularité d’être situées à Asuncion, en zone urbaine, et de s’intéresser aux conditions de vies des femmes campesinas et autochtones vivant en zone rurale. Je m’intéresserai plus particulièrement à deux programmes : celui de la souveraineté alimentaire, et celui de la sauvegarde des semences traditionnels, en m’intéressant aux interactions entre les villes et les campagnes. La perspective d'analyse adoptée sera à la fois interactionnelle (en s’intéressant aux relations entre ville et campagne) et inspirée des approches de la citoyenneté (en étudiant les outils et les pratiques mises en place par ces groupes de femmes).

Dans cette optique, la souveraineté alimentaire, mise de l’avant par ces organisations, dépasse maintenant le cadre des campagnes et devient une question importante à l’échelle nationale, particulièrement pour les femmes. En effet, les femmes de ces mouvements féministes se présentent comme les gardiennes des semences face aux avancements de l’agriculture de masse. Plus particulièrement, ces mouvements mettent de l’avant l’importance de préserver les savoirs de l’agriculture à petite échelle, permettant une souveraineté alimentaire et une sauvegarde des cultures.

Résumé du colloque

Si l’écoféminisme gagne en popularité au sein des sciences sociales, peu de recherches en études urbaines présentent une telle perspective. Pourtant les propositions théoriques et analytiques des écoféminismes offrent des clés de lecture pertinentes afin de se pencher sur les enjeux urbains de notre siècle.

Plus qu’un simple mouvement de protection environnemental porté par des femmes, les écoféminismes recoupent une série de luttes, concepts, théories, éthiques et pratiques favorisant l’émancipation conjointe des femmes et de la nature de la domination masculine. Dans l’imaginaire collectif, l’écoféminisme est généralement associé à des mouvements de luttes socioterritoriales portées par des femmes racisées ou autochtones dans des zones d’extraction de ressources naturelles et où les violations de la Terre-Mère vont de pair avec des violences genrées. Peu d’attention est portée aux multiples manières dont les citadines ont des affiliations avec ces luttes et se mobilisent quotidiennement autour de revendications ou pratiques écoféministes.

Les écologies politiques urbaines ne se sont, quant à elles, que peu intéressées au genre. Insistant sur la ville comme espaces d’inégalités, elles ont laissé dans l’ombre l’agentivité des groupes marginalisés à s’approprier l’espace et à créer les leurs, ainsi que tout un pan des activités humaines relatif à la reproduction sociale, aux émotions et à la corporalité.

En valorisant une compréhension relationnelle de l’espace et encourageant l’adoption d’une approche intersectionnelle et multiscalaire, une perspective écoféministe des urbanités éclaire ces angles morts et ouvre la voie à l’enrichissement tant des théories que des recherches empiriques en milieu urbain. Se pencher sur les manières dont les écoféminismes nous révèlent et nous racontent une autre histoire de la ville, et de la toile de relations multiples et complexes qui s’y tissent au quotidien, s’avère dès lors non seulement intéressant, mais nécessaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Hélène Madénian
section icon Date : 12 mai 2023

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