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L’amitié construite dans la vie quotidienne à l’Institut Confucius : spontanée ou organisée ?

ZH

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Zhao Alexandre Huang : Université Paris Nanterre

Résumé de la communication

Cette recherche entend explorer comment les stratégies de communication organisationnelle des Instituts Confucius servent la diplomatie publique chinoise. La diplomatie publique se réfère au fait qu’un État mobilise de manière stratégique divers instruments communicationnels dans sa communication internationale à long terme. Elle rassemble un ensemble de discours et de pratiques par lequel les organisations,, qu’elles soient gouvernementales ou non gouvernementales, visent à influencer, de manière discrète, les attitudes et les perceptions des publics étrangers envers l’image non seulement de l’organisation, mais aussi du pays qu’elles représentent. En même temps, elle est mise en œuvre pour améliorer la réputation et le rayonnement politico-culturel de l’État-nation sur la scène internationale, ce qui suppose de développer leurs échanges transculturels. À partir d’une enquête ethnographique organisationnelle de l’Institut Confucius de l’Université de Nairobi, cette étude vise à comprendre et interpréter comment les employés de l’Institut Confucius participent à la gestion des relations entre organisation et publics (organisation-public relationship management) à travers les activités communicationnelles, pédagogiques et culturelles quotidiennement organisées pour déployer le soft power chinois.

Résumé du colloque

James R. Taylor, le fondateur de l’École de Montréal en communication organisationnelle, une école de pensée mondialement reconnue en sciences de la communication et en études organisationnelles, est décédé le 21 avril dernier à l’âge vénérable de 93 ans. Depuis la publication, en 1988, de son ouvrage intitulé Une organisation n’est qu’un tissu de communications, James Taylor n’avait cessé de mettre de l’avant la nécessité de penser les phénomènes organisés à partir d’une perspective résolument communicationnelle, c’est-à-dire d’une perspective centrée sur la manière dont les êtres humains coopèrent pour faire être et fonctionner des ensembles organisés. Alors que la communication était, jusque dans les années 1980, essentiellement pensée comme une diffusion d’informations (comment mieux communiquer les décisions et positions de l’entreprise à l’ensemble du personnel, au grand public, aux actionnaires, etc.), Taylor a proposé ni plus ni moins un changement de paradigme en montrant que la communication était, en fait, constitutive de tout phénomène organisé. Ce programme de recherche, qui fut rétrospectivement baptisé approche CCO (pour constitution communicationnelle de l’organisation), a depuis inspiré des personnes représentant les cinq continents. Toutes et tous tentent ainsi de montrer que la communication n’est pas simplement quelque chose qui se passe dans les organisations, mais que l’organisation elle-même est à trouver, en quelque sorte, dans la communication. Ce colloque propose ainsi de réunir les représentantes et représentants francophones de ce mouvement de pensée afin non seulement de rendre hommage à ce chercheur hors normes qu’était James R. Taylor, mais aussi d’explorer les développements futurs de cette perspective. En particulier, nous inviterons l’ensemble des participants à réhabiliter les phénomènes de diffusion, de propagation et de transmission qui ont peut-être été trop négligés par le mouvement CCO, pour des raisons finalement assez idéologiques. Au-delà des enjeux théoriques et analytiques qui seront explorés au cours de ce colloque, ce dernier a également l’ambition de creuser plus avant les conséquences pratiques du tournant paradigmatique opéré par James R. Taylor. Comme on le sait, quand le milieu des praticiens pense la communication, c’est généralement en termes de transmission d’informations, ce qui est, somme toute, normal et attendu. On ne compte plus, en effet, les « problèmes de communication » qui hantent toute organisation, que l’on parle d’entreprises, d’ONG ou d’administrations gouvernementales. En rejetant le paradigme de la transmission, qui prévalait dans les sciences organisationnelles jusque dans les années 1980, le mouvement CCO a certes pu innover en montrant tout ce qu’une perspective communicationnelle pouvait apporter à notre compréhension des phénomènes organisés, mais il a peut-être négligé la nécessité d’un dialogue avec le monde de la pratique, toujours très axé sur le paradigme diffusionnel.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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