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"Le jour des baleines" : analyse d'un album propice à la lecture efférente

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Isabelle Montésinos-Gelet : Université de Montréal

Résumé de la communication

À propos de la lecture efférente de la littérature jeunesse, Nikolajeva (2014) insiste sur son rôle dans l’acquisition de connaissances liées au monde, aux autres, à soi et aux valeurs. C’est cette lecture efférente qui est concernée par cette présentation qui vise à mettre en relief quels attraits d’une œuvre (Saricks, 2009) la rend susceptible d’un tel usage en classe.

Plus spécifiquement, il s’agit d’examiner à travers l’analyse d’un album sans texte – Le jour des baleines de Cornelius et Tommaso Carozzi — en quoi ses attraits de contenu, c’est-à-dire les personnages, l’intrigue, le cadre spatiotemporel et socioculturel, ainsi que la tonalité émotionnelle et les valeurs qui s’y rattachent, impliquent une large variété de connaissances.

L’analyse de cette œuvre convoque également la réflexion de Baroni (2017, p. 31) à propos des approches fonctionnelles des rouages d’une intrigue polarisées entre configuration — « dispositif textuel […] coopératif qui vise à assister le processus de compréhension » — et récit intriguant — « dispositif textuel [qui vise] la création d’un intérêt narratif qui se caractérise par un sentiment de suspense, de curiosité ou de surprise ». L’idée que la lecture efférente se compose moins bien avec un récit intriguant est confrontée par l’analyse.

Résumé du colloque

Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.

En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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