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Le logement social pour amplifier les capacités de care des individus et des collectivités

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Marie-Ève Desroches : INRS - Institut national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

Le contexte actuel de marchandisation du logement alimente la vulnérabilisation de certaines femmes puisqu’il affecte leur accès à un logement sain, sécuritaire et abordable. Cette recherche compare les processus associés à la création de programmes de logements sociaux pour femmes cheffes de familles monoparentales à Montréal, Toronto et Vancouver. Nous nous sommes appuyées sur des entretiens avec des personnes-clés (n=52) complété par une analyse documentaire. Cette communication souligne comment ces initiatives parviennent à prendre soin avec les logements et ainsi transforment les conditions locales d’exercice du care. Ceux-ci s’inscrivent dans un contexte où certaines organisations reconnaissent que la pénurie de logements abordables affecte particulièrement les femmes cheffes de familles monoparentales. Ces organismes se sont engagés dans la création de programmes résidentiels, notamment pour transformer les conditions sociomatérielles, temporelles et spatiales afin de mieux soutenir les capacités de care des organisations communautaires et des femmes elles-mêmes. Notre analyse indique que ces processus ont évité de cantonner le care à la sphère privée en engageant une pluralité d’espaces et d’intervenantes ou d'intervenants situés le long d’un continuum public-privé. La lentille du care permet de combler le manque de connaissance sur le développement de logements sociaux au Canada et d’explorer des pratiques et valeurs généralement négligées.

Résumé du colloque

Si l’écoféminisme gagne en popularité au sein des sciences sociales, peu de recherches en études urbaines présentent une telle perspective. Pourtant les propositions théoriques et analytiques des écoféminismes offrent des clés de lecture pertinentes afin de se pencher sur les enjeux urbains de notre siècle.

Plus qu’un simple mouvement de protection environnemental porté par des femmes, les écoféminismes recoupent une série de luttes, concepts, théories, éthiques et pratiques favorisant l’émancipation conjointe des femmes et de la nature de la domination masculine. Dans l’imaginaire collectif, l’écoféminisme est généralement associé à des mouvements de luttes socioterritoriales portées par des femmes racisées ou autochtones dans des zones d’extraction de ressources naturelles et où les violations de la Terre-Mère vont de pair avec des violences genrées. Peu d’attention est portée aux multiples manières dont les citadines ont des affiliations avec ces luttes et se mobilisent quotidiennement autour de revendications ou pratiques écoféministes.

Les écologies politiques urbaines ne se sont, quant à elles, que peu intéressées au genre. Insistant sur la ville comme espaces d’inégalités, elles ont laissé dans l’ombre l’agentivité des groupes marginalisés à s’approprier l’espace et à créer les leurs, ainsi que tout un pan des activités humaines relatif à la reproduction sociale, aux émotions et à la corporalité.

En valorisant une compréhension relationnelle de l’espace et encourageant l’adoption d’une approche intersectionnelle et multiscalaire, une perspective écoféministe des urbanités éclaire ces angles morts et ouvre la voie à l’enrichissement tant des théories que des recherches empiriques en milieu urbain. Se pencher sur les manières dont les écoféminismes nous révèlent et nous racontent une autre histoire de la ville, et de la toile de relations multiples et complexes qui s’y tissent au quotidien, s’avère dès lors non seulement intéressant, mais nécessaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Naomie Léonard
section icon Date : 12 mai 2023

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