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Le monde en lambeaux : l’archéologie sur une planète dénaturée

JR

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Julien Riel-Salvatore : Université de Montréal

Résumé de la communication

Alors que beaucoup d’archéologues s’emploient à contribuer à la définition et à la chronologie de l’Anthropocène, relativement peu de recherche a été engagée sur ce qu’implique la pratique de l’archéologie au sein de cette ère géologique définie par l’action humaine. Partant de réflexions récentes sur l’archéologie comme symptôme du ‘capitalisme du désastre’ (Hutchings et La Salle 2015), nous détaillons comment l’archéologie est incorporée à un projet néolibéral fondé sur un extractivisme implicite qui se manifeste tant dans les domaines tant de la prévention que de la recherche académique, modulé sur fond d’appel à en faire toujours plus dans un contexte toujours plus appauvri de ressources. En ce sens, certaines des principales tendances en archéologie contemporaine – ‘revisiter’ des sites, reprendre les collections orphelines, atteler la recherche à des enjeux d’actualité, présenter le registre comme une ressource finie – imposent de prendre le recul nécessaire pour réévaluer pourquoi et pour qui l’archéologie a lieu d’être. Ceci permet de reconstituer à partir des lambeaux archéologiques, industriels, académiques et territoriaux qui sont la base de l’archéologie contemporaine un sens renouvelé de ce qu’elle pourrait être, soit un prisme pour mieux saisir l’interface humain-environnement et la pluralité des passés (et futurs) humains envisageables dans les écosystèmes dénaturés pourtant empreints de possibilité.

Résumé du colloque

Inondations, vagues de chaleur, feux dévastateurs, ouragans plus fréquents et plus puissants, fontes des glaciers – les dérèglements climatiques et leurs conséquences dramatiques prennent de plus en plus de place dans l’actualité tandis que l’érosion de la biodiversité et la déstabilisation des cycles de l’azote ou du phosphore se poursuivent à bas bruit. Chaque fois, les activités humaines se révèlent être l’un des principaux moteurs de ces bouleversements sans précédent. Or, depuis plusieurs années maintenant, la notion d’Anthropocène s’est imposée, dans les médias comme dans le champ scientifique, pour rendre compte de cette époque nouvelle qui est la nôtre et qui se caractérise par l’impact de plus en plus visible des activités humaines sur la surface planétaire. Ce concept, popularisé au tournant du siècle par le chimiste Paul Crutzen et le biologiste Eugene Stoermer, suscite pourtant de nombreux débats, que ce soit quant à sa définition exacte, son point de départ, ses enjeux sociaux et politiques, ou son utilisation à l’extérieur des cercles universitaires. S’il n’est pas encore validé par les géologues en charge de qualifier les unités chronostratigraphiques pouvant être identifiées dans les couches sédimentaires, il est déjà fortement remis en question, en particulier du côté des sciences humaines et sociales, du fait de sa nature trop imprécise et de sa visée trop apolitique. Des voix s’élèvent ainsi déjà pour annoncer l’obsolescence programmée de ce concept. C’est dans ce contexte que nous nous proposons de réunir des chercheur·e·s francophones de différents champs disciplinaires (géographie, anthropologie, biologie, philosophie, histoire), tant celles et ceux qui portent un regard critique sur le concept d’Anthropocène que celles et ceux qui en étudient les diverses manifestations, afin de réfléchir, collectivement, à la pertinence, aux limites, aux enjeux, voire même au possible dépassement du concept, essentiellement interdisciplinaire, d’Anthropocène.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
news icon Thème du colloque :
L’Anthropocène, et après?
section icon Date : 12 mai 2023

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Titre du colloque :

L’Anthropocène, et après?

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