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Brigitte Carole Oyane Eyeghe : Institut Universitaire des Sciences de l’organisation
Les états généraux de l’éducation, de la recherche et de l’adéquation formation-emploi tenus à Libreville au Gabon, les 17 et 18 mai 2010, ont admis que l’université joue un rôle primordial en matière de développement économique, social et culturel. Elle permet de rendre accessible les connaissances, les partager et les exploiter. Son ouverture sur le monde socio-économique est indispensable à la réalisation de l'ensemble de ses objectifs scientifiques, pédagogiques et culturels. Le développement des partenariats s'inscrit dans la mission de l'université pour lui permettre d'être en symbiose avec son environnement économique par des passerelles multiples allant de l'université vers l'entreprise et inversement. De par le monde, plusieurs expériences réussies ont permis de dynamiser les projets collaboratifs, de rapprocher les entreprises des universités et de mieux organiser et rationnaliser les investissements en matière de recherche. Développer la relation entre le monde universitaire et le milieu socioéconomique constitue l’un des objectifs du Laboratoire de Recherche en sciences des organisations de l’Institut Universitaire des Sciences des Organisations Sophie Ntoutoume Emane (LARESO-SNE) afin de renforcer l’employabilité de ses étudiants et de promouvoir l’innovation. Cette présentation tâche à montrer le rôle du partenariat IUSO-SNE/Entreprise dans l’insertion des étudiants au monde professionnel à travers une multiplicité d’actions mises en place depuis sa création.
Les universités existent depuis près d’un millénaire, mais elles ont régulièrement changé, soit pour s’adapter au contexte sociétal, soit pour poser un regard critique sur la société. Depuis son entrée en vigueur aux États-Unis le 12 décembre 1980, le Bayh-Dole Act a favorisé le virage des universités vers la recherche partenariale. Partout dans le monde, cette tendance, sous ses différentes formes, s’est appuyée entre autres sur la perspective de l’économie fondée sur le savoir mise de l’avant par l’OCDE. Parfois concomitante à du financement public, la recherche partenariale soulève d’importants enjeux éthiques en matière de partage de la propriété intellectuelle, d’accès et d’utilisation des données de recherche ou de son impact sur la mission de recherche des universités. Depuis quelques années, non seulement les relations avec l’industrie sont-elles privilégiées, mais les chercheuses et chercheurs sont encouragés à démarrer des entreprises dérivées de leurs travaux s’inscrivant dans une dynamique économique misant sur l’entrepreneuriat. Le pari fait avec de telles initiatives mise sur le transfert de connaissances afin de soutenir l’essor économique de la nation.
Comment ces relations modulent-elles notre compréhension du rôle de l’université dans la société? Est-ce que cette proximité avec l’industrie module notre compréhension du rôle du chercheur et l’étendue des objets de recherche privilégiés? Dans le cas des initiatives entrepreneuriales, comment ces liens influencent-ils les valeurs et les intérêts sous-jacents aux travaux de recherche? Enfin, dans un contexte de tension géopolitique accrue et de régression démocratique, comment ces partenariats industrie-université font-ils émerger de nouvelles fractures dans un contexte réputé pour sa collaboration et son ouverture?
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