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Bertrand Porro : Département des Sciences Humaines et Sociales, Institut de Cancérologie de l'Ouest
La période de « l’après cancer » est souvent marquée par la persistance de symptômes physiques, cognitifs et émotionnels liés à la maladie et/ou aux traitements, ayant un impact sur les capacités fonctionnelles, la qualité de vie et la vie professionnelle des patients en âge de travailler. Le retour au travail (RAT) après le diagnostic d’un cancer a fait l’objet de la majorité des investigations scientifiques au cours des dernières décennies et est défini comme un processus complexe, dynamique et multidimensionnel. Le sentiment d’efficacité personnelle à retourner au travail (SEP-RAT) a été identifié comme l'une des principales ressources psychologiques en jeu dans ce processus. Bien qu’il s’agisse d'une variable centrale pour évaluer l'efficacité des interventions visant à promouvoir le RAT des patients, des écueils méthodologiques ou de mesure sont notables au sein de la littérature scientifique.
Après avoir présenté le SEP-RAT, ses spécificités théoriques, méthodologiques et les interventions visant à le promouvoir, nous présenterons son implication pratique au sein d’un cadre clinique fondé sur la théorie et décrivant comment accompagner les patients à chaque étape du processus de RAT. Ce cadre clinique, spécifique aux femmes diagnostiquées d’un cancer du sein, pourrait être extrapolé à d'autres types de tumeurs, offrant ainsi un guide pratique aux professionnels de la santé et spécialistes de la santé au travail.
Le cancer touche près de deux Canadiens sur cinq. Grâce aux avancées technologiques récentes et aux multiples traitements disponibles, l’espérance de vie des personnes touchées par un cancer est prolongée. De fait, cette maladie est dorénavant perçue comme une maladie chronique en raison du besoin de surveiller l’état de santé et d’accompagner l’autogestion de la personne. Malgré le succès des traitements contre cette maladie, les personnes touchées par un cancer peuvent présenter des besoins non comblés quant à différentes sphères de leur vie (p. ex., retour au travail plus laborieux, apprentissage de la gestion de leurs symptômes).
Selon le cadre des soins de soutien proposé par Fitch (2005), les personnes touchées par un cancer pourraient être confrontées à différents besoins tout au long de leur parcours de soins, tels que ceux physiques (p. ex., symptômes), psychologiques (p. ex., changements corporels), émotionnels (p. ex., peur de la récurrence du cancer), pratiques (p. ex., enjeux financiers), informationnels (p. ex., apprentissage de l’autogestion), spirituels (p. ex., perte de sens) et sociaux (p. ex., changements quant aux rôles sociaux). La grande variabilité des besoins ressentis renforce la nécessité d’adopter une vision holistique et interprofessionnelle afin de favoriser un meilleur accompagnement ainsi qu’une meilleure prise en charge de cette clientèle.
En ce sens, il appert nécessaire de mieux comprendre les expériences des personnes touchées par un cancer et de mettre en place des interventions optimisant leur accompagnement. À cet égard, les chercheurs œuvrant en oncologie provenant de différentes disciplines (p. ex., infirmières, psychologues) jouent un rôle important pour répondre à cette problématique. Il reste ainsi à favoriser le maillage entre les chercheurs, les organismes communautaires (p. ex., Société canadienne du cancer) ainsi que les personnes touchées par le cancer pour développer des solutions mieux adaptées à leurs besoins.
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