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Yann Zoldan : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Plusieurs études (Hidalgo & Chen, 2019; Pullen Sansfaçon & Medico, 2021) se sont intéressées au vécu des parents d’enfants trans et/ou non binaires (TNB) et ont souligné l’importance du soutien parental pour la santé mentale des jeunes (Pullen Sansfaçon et al., 2015 ; Olson et al., 2016). Peu d’études sur ces questions ont été menées en région, bien que des enjeux spécifiques aient déjà été identifiés au Québec (Pullen Sansfaçon et al., 2021). Aussi, l’objectif de notre recherche est de comprendre l’expérience et le vécu des parents TNB au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Notre méthodologie qualitative basée sur des entretiens de recherche (n=15) est celle de l’exploration phénoménologique de trois aspects : la description du vécu ; la mise en sens et l’interprétation de celui-ci; et enfin la mise en récit de son expérience.
Nos résultats montrent un processus d’adaptation des parents s’accompagnant de marqueurs de stress face aux changements subjectifs et culturels vécus par leurs enfants. Nous proposons une lecture des réaménagements des idéaux familiaux en lien avec un contexte cisnormatif.
Nous présenterons pour illustrer notre propos l’analyse du cas d’un couple de parents.
Nous verrons comment ce cas mis en perspective avec les autres résultats de notre recherche permet d’illustrer les besoins exprimés par les parents du Saguenay-Lac-Saint-jean concernant des services appropriés et accessibles pour soutenir la santé des jeunes et de leur famille.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.
C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.
Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?
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