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Diane Poulin-Dubois : Université Concordia
L’existence d’un avantage cognitif chez les bilingues est un sujet de controverse. De récentes méta-analyses portant sur les études avec de jeunes enfants suggèrent qu’un avantage au niveau des fonctions exécutives est soit absent, soit limité à des habiletés ciblés. Peu d’études ont porté sur le très jeune enfant et les résultats de ces travaux sont contradictoires. Nous présenterons les résultats de deux études portant sur les fonctions exécutives d’enfants monolingues et bilingues. La première étude a porté sur un échantillon de 81 enfants âgés de 23 mois, dont 39 enfants monolingues et 42 enfants bilingues. L’exposition à une langue seconde était en moyenne de 40% chez les bilingues et de 6% chez les unilingues, tel que mesuré par le Language Exposure Assessment Tool. Les parents ont complété le Questionnaire sur les premières fonctions exécutives. Ce questionnaire comprend 27 questions et 4 jeux à compléter avec l’enfant et mesure quatre domaines des fonctions exécutives: contrôle inhibiteur, flexibilité attentionnelle, mémoire de travail et régulation. Les analyses ont révélé que les enfants bilingues ainsi que ceux ayant une plus grande exposition à une langue seconde ont obtenu des scores supérieurs sur l’échelle de suppression de réponse seulement.Une seconde étude portant sur un échantillon de 77 enfants plus jeunes (âge moyen= 14 mois) n’a généré aucun effet significatif. Ces résultats indiquent un bénéfice cognitive ciblé chez le jeune enfant bilingue.
Le bilinguisme est un atout important dans plusieurs milieux contemporains. Un grand nombre de travaux sur l’acquisition des langues secondes ont eu pour but de déterminer quelles variables pourraient favoriser le développement des compétences linguistiques des apprenants. Ces travaux ont permis de démontrer l’importance de facteurs tels que l’âge de l’apprenant ou le contexte d’apprentissage. De plus, au cours des dernières années nous avons assisté au développement rapide d’un nouvel axe de recherche sur le bilinguisme portant sur l’importance du contexte socioculturel ou socioécologique dans l’apprentissage des langues secondes ou étrangères. Des chercheurs provenant de plusieurs disciplines, notamment la psychologie, la sociologie et la science politique, s’intéressent à des questions comme : est-ce que le quartier dans lequel une personne habite a une incidence sur ses compétences langagières et sa facilité à apprendre une nouvelle langue ? Comment est-ce que l’environnement influe sur les compétences langagières aux diverses étapes de la vie (petite enfance, enfance, âge adulte, personnes âgées) ? En plus de cet axe social, nous avons continué à témoigner d’une évolution rapide des connaissances en matière des éléments linguistiques, cognitifs et neurophysiologiques associés au bilinguisme et au multilinguisme. Ce colloque réunira des chercheurs de divers horizons afin de faire l’état de la recherche sur les incidences individuelles et socioculturelles du bilinguisme et favorisera la conception de projets collaboratifs innovateurs à l’échelle provinciale.
Titre du colloque :