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Les fiches pédagogiques produites par les maisons d’édition jeunesse québécoises à l’usage des enseignants du primaire s’arriment-elles aux prescriptions ministérielles?

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Sandra Faucher Marquis : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Depuis une vingtaine d’années, le milieu de l'édition pour la jeunesse connaît un essor marqué au Québec (Lépine, 2017). Parallèlement, l'implantation progressive du PFEQ (2001) a placé l’œuvre littéraire au cœur des compétences disciplinaires en français au primaire. Ces deux secteurs évoluant bien souvent en vase clos, il convient de s’interroger à savoir si les fiches pédagogiques produites par les maisons d'édition jeunesse québécoises s'arriment au curriculum du programme de formation, nonobstant qu’aucune norme ne régit leur contenu. Afin de brosser un portrait des compétences sollicitées par l’entremise de ces publications, nous avons analysé 32 fiches pédagogiques d’albums jeunesse publiés entre 2015 et 2022, issues de huit maisons d’édition différentes, en fonction des prescriptions ministérielles (programme de formation, progression des apprentissages et cadre d’évaluation). Par exemple, le traitement des données a démontré, en ce qui concerne les quatre opérations de lecture (comprendre, interpréter, réagir, formuler des jugements), que les activités proposées par ces documents mobilisent majoritairement la compréhension (90 %), alors que la formulation de jugements apparaît sous-représentée (40 %). Enfin, cette communication contribue à la réflexion quant à l’enseignement de la langue par la littérature de jeunesse, puisqu’il importe d’inviter les personnes enseignantes à adopter un regard critique envers l'emploi de telles ressources facilement accessibles.

Résumé du colloque

Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.

En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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