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Rosalie Gravel : Université de Montréal
Bien que la détransition soit souvent dépeinte comme un retour à une identité cis empreinte de regret, de nouvelles recherches soulignent la complexité de l’expérience des personnes en discontinuation de transition. Leurs expériences semblent hétérogènes (Expósito-Campos, 2021) et nuancées (Pullen Sansfaçon et al., 2023). Néanmoins, les besoins et perspectives de ces personnes sont encore peu explorés. Le but de cette présentation est de montrer le discours de jeunes ayant discontinué un parcours de transition quant à l’accompagnement professionnel pendant la transition et la détransition. Des entrevues de 68 à 116 minutes ont été menées auprès de 20 jeunes de 15 à 25 ans ayant discontinué un parcours de transition. Le recrutement a été fait via des réseaux sociaux. L’analyse thématique inductive (Braun et al., 2019) a permis d’analyser le verbatim et d’identifier les thèmes en lien avec le support professionnel. Trois thèmes ont été identifiés : la perspective actuelle des jeunes quant au support professionnel reçu durant la transition, leurs attentes actuelles quant aux pratiques professionnelles pour les soins d’affirmation de genre et leurs besoins actuels en termes de support professionnel. Les résultats suggèrent des besoins et perspectives variés et complexes. La théorie de la perte ambiguë (Boss, 2007) – référant aux situations de perte dont l’objet est incertain – aide à comprendre l’ambivalence et constitue une piste intéressante à l’accompagnement des jeunes.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.
C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.
Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?
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